Tir d'une fusée nord-coréenne à longue portée

le , mis à jour à 05:24
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    * Pyongyang revendique le succès de son initiative 
    * Convocation d'urgence du Conseil de sécurité de l'Onu 
    * Kerry promet que la Corée du Nord sera tenue responsable 
    * La Chine appelle au calme 
 
    par Ju-min Park et Shinichi Saoshiro 
    SEOUL/TOKYO, 7 février (Reuters) - La Corée du Nord a 
procédé dimanche au tir d'une fusée à longue portée qui 
transporterait selon les autorités nord-coréennes un satellite, 
faisant fi des condamnations de la communauté internationale et 
des résolutions de l'Onu. 
    Le gouvernement communiste de Pyongyang avait informé les 
instances des Nations unies qu'il prévoyait de tirer une fusée à 
longue portée transportant un satellite d'observation terrestre. 
    Il avait dans un premier temps présenté une fenêtre de tir 
comprise entre le 8 et le 25 février avant de la réduire à la 
période comprise entre le 7 et le 14 février. 
    La communauté internationale a dénoncé ce projet, estimant 
qu'il s'agissait d'un test de missile à longue portée, en 
infraction avec les sanctions de l'Onu interdisant à la Corée du 
Nord l'usage de la technologie balistique. 
    Le commandement stratégique américain a indiqué qu'un 
missile était entré dans l'espace et l'armée sud-coréenne a 
ajouté qu'un objet avait été placé en orbite, venant contredire 
les informations de la chaîne japonaise NHK et de l'agence 
sud-coréenne Yonhap selon lesquelles la tentative était un 
échec. 
    "Tout ce que nous pouvons observer montre qu'il s'agit d'une 
répétition réussie du lancement de 2012", a dit un expert 
américain en technologie militaire. "Mais il est encore trop tôt 
pour l'affirmer avec certitude".  
    Le tir, ordonné par le dirigeant Kim Jong-un, a eu lieu vers 
09h30 (00H30 GMT) et s'est traduit par "un succès total", a 
rapporté la télévision nord-coréenne. Le lanceur aurait mis sur 
orbite un satellite 94 minutes après son décollage, a ajouté la 
télévision 
    La Corée du Nord, qui revendique le droit de mener un 
programme spatial, avait lancé une fusée à longue portée en 
décembre 2012 plaçant en orbite un objet que les autorités 
avaient présenté comme un satellite de télécommunication. 
     
    LA CHINE APPELLE AU CALME 
    Le Premier ministre japonais Shinzo Abe a estimé que le 
lancement de ce qu'il a qualifié de "missile" était "absolument 
inacceptable". La NHK a précisé que le Japon n'avait pas tenté 
d'abattre l'engin lancé par les Nord-Coréens. 
    Les autorités américaines ont indiqué avoir enregistré le 
lancement de la fusée nord-coréenne et précisé qu'elle ne 
présentait pas de danger pour les Etats-Unis ou pour ses alliés. 
    "Nous pouvons confirmer que nous avons enregistré un tir 
depuis la Corée du Nord. Les premières indications sont qu'il ne 
pose pas de menace pour les Etats-Unis ou nos alliés", a dit un 
responsable du département de la Défense. 
    La Chine, qui est l'un des seuls alliés du régime communiste 
isolé sur la scène internationale, a estimé par la voie de son 
agence officielle Chine nouvelle que cette initiative était de 
nature à accroître les tensions dans la péninsule coréenne. 
    Précisant que la région ne devait pas "être nucléarisée et 
sombrer dans la guerre", Chine nouvelle appelle à réagir 
calmement à l'initiative nord-coréenne afin d'éviter que la 
situation échappe à tout contrôle. 
    Américains, Japonais et Sud-Coréens ont demandé une réunion 
d'urgence du Conseil de sécurité des Nations unies pour discuter 
de cet incident. S'exprimant sous le couvert de l'anonymat, des 
diplomates ont précisé à Reuters que cette réunion pourrait 
avoir lieu à 11h00 (16h00 GMT). 
    Les Etats-Unis vont travailler avec le Conseil de sécurité 
pour prendre des "mesures importantes" afin de tenir responsable 
la Corée du Nord de ce tir, a déclaré le secrétaire d'Etat 
américain John Kerry. 
     
    "PROVOCATION IMPARDONNABLE" 
    Le chef de la diplomatie américaine a estimé que le 
lancement de cette fusée par le gouvernement communiste de 
Pyongyang constituait "une violation flagrante" des résolutions 
de l'Onu interdisant à la Corée du Nord l'usage de la 
technologie de missiles balistiques. 
    De son côté, la présidente de la Corée du Sud, Park 
Geun-hye, a jugé que cette initiative nord-coréenne était "une 
provocation impardonnable" et a appelé le Conseil de sécurité de 
l'Onu à prendre de nouvelles sanctions rapidement. 
    La présidente Park a expliqué que ce tir de fusée entrait 
dans le cadre de la stratégie du gouvernement de Pyongyang afin 
de se maintenir en place. 
    Le mois dernier, la Corée du Nord a annoncé avoir testé un 
engin nucléaire pour la quatrième fois, affirmant qu'il 
s'agissait d'une bombe thermonucléaire miniaturisée. Les 
Etats-Unis et d'autres gouvernements mettent en doute 
l'exactitude de cette annonce. 
    La Corée du Nord travaillerait à la miniaturisation d'une 
tête nucléaire afin d'être en mesure de l'installer sur un 
missile mais certains experts estiment le régime communiste a 
besoin de temps pour parfaire sa maîtrise de cette technologie. 
    Les autorités nord-coréennes ont présenté deux versions de 
ce qui pourrait ressembler à un missile balistique dont la 
portée pourrait atteindre la côte ouest des Etats-Unis mais 
aucun élément ne permet d'affirmer que ce type d'engin a été 
testé. 
     
 
 (Jack Kim et Ju-min Park; Pierre Sérisier pour le service 
français) 
 
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