Timothy Snyder revient sur les lieux de l'extermination

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Varsovie. Marquage au sol de l'emplacement du mur du ghetto (1940-1943).
Varsovie. Marquage au sol de l'emplacement du mur du ghetto (1940-1943).

Dans « Terre noire », l’historien américain prolonge son approche novatrice de la seconde guerre mondiale et de la Shoah, commencée avec « Terres de sang ».

En 2012, dans Terres de sang (Gallimard), un livre saisissant, Timothy Snyder proposait la première histoire enchevêtrée du nazisme et du communisme soviétique. Critiqué alors pour n’avoir pas assez pris en compte la singularité de la Shoah, il y revient avec force dans un nouvel ouvrage, Terre noire, au sous-titre quelque peu trompeur (L’Holocauste, et pourquoi il peut se répéter).

Les spécialistes du nazisme qui ont accédé à la notoriété se confrontent souvent à un défi : comment faire encore du neuf sur un sujet aussi étudié, exploré, labouré ? Soit ils montent en généralité, soit ils scrutent le détail. Snyder fait les deux, fort d’une grande puissance de pensée, d’une érudition hors normes et parlant presque toutes les langues nécessaires à son sujet, ainsi que d’un certain goût pour la spéculation intellectuelle.

Raréfaction des espaces vitaux Côté généralité, il avance que le combat mené contre les juifs par les nazis a été « écologique », car il concernait, selon eux, les « conditions mêmes de la vie sur Terre ». Cette idée l’incite à proposer en conclusion une étrange analogie : la Shoah peut se répéter, car les catastrophes climatiques en cours entraînent une raréfaction des espaces vitaux et peuvent donc conduire à nouveau à redessiner la démographie mondiale et à réactiver cet « entrepreneuriat de la violence » qui fut l’une des grandes innovations nazies.

Ce n’est pas l’aspect le plus convaincant du livre, pas plus que les exemples sollicités : le génocide d...

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