Timide début de saison pour le melon

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Les volumes sont en baisse de 20 à 30 % en raison d'une météo très défavorable, mais les prix restent stables.

Un début de saison très frileux. Les tout premiers melons français de Provence ou du Languedoc commencent à peine à arriver en nombre sur les étals des commerçants. «Le printemps froid et pluvieux avec peu d'ensoleillement a limité la production, déplore Bernard Miozzo, animateur de l'AIM (Association interprofessionnelle du melon). La semaine 25, c'est-à-dire celle qui vient de s'achever, nous aurons produit autour de 4000 tonnes de melons en France contre 18.400 tonnes en 2011 sur la même période, soit une quantité quatre fois plus importante l'an dernier où le printemps avait été nettement plus sec et chaud», ajoute Bernard Miozzo.

Mais si l'offre est moindre, la demande n'est pas non plus au rendez-vous. «Les conditions météo exécrables du début du mois de juin ont été défavorables à la demande de ce produit de saison», indique de son côté Julie Serero, porte-parole d'Interfel, l'interprofession des fruits et légumes.

Les quantités consommées sont donc nettement inférieures cette année par rapport à 2011. «Le melon est un produit météo sensible. Il s'agit sans doute de l'un des fruits et légumes qui dépend le plus du climat, explique Bernard Miozzo. Les chiffres parlent d'eux-mêmes. Nous avons beaucoup de produits de petits calibres avec des volumes commercialisés inférieurs de 20 à 30 % par rapport aux trois saisons précédentes.» Et ce malgré l'apparition de melons charentais jaunes en provenance d'Espagne, «de très bonne qualité», selon l'AIM. Il s'agit souvent d'ailleurs d'opérateurs français.

Résultat, les prix se tiennent pour les producteurs autour d'1,20 euro le kilo, pour un melon charentais jaune, le plus consommé de loin en France. De quoi couvrir leur prix de revient qui se situe selon l'AIM entre 80 cents et 1 euro le kilo suivant le type de culture, en plein champ ou sous abri.

À l'autre bout de la chaîne, le prix moyen pour le consommateur est cette année pour l'instant d'environ 2,17 euros le kilo pour un calibre moyen. Un prix qui a peu varié par rapport à la même période de l'an dernier, autour de 2,11 euros le kilo.

Délaissé par les jeunes

Le melon figure parmi les cinq légumes les plus consommés des Français loin derrière la tomate qui reste numéro un. Chaque année, il s'en consomme environ 6,22 kg par ménage. Comme pour le reste des fruits et légumes, la grande distribution se taille la part du lion. La plupart des melons sont achetés en hyper et supermarchés avec respectivement 33,5 % et 20,8 % de parts de marché. Les melons sont aussi achetés dans une moindre mesure dans les hard discounts, sur les marchés et de plus en plus en vente directe chez les producteurs. Ce n'est donc pas un hasard si le Sud-Est et le Sud-Ouest - les deux grands bassins de production de l'Hexagone avec le Centre - sont aussi ceux où se situent le plus grand nombre de consommateurs en France. Il s'agit de zones très fréquentées pendant les vacances d'été, pic de la consommation du melon. Reste à trouver de nouveaux consommateurs. Le melon demeure un produit familial délaissé par les jeunes. L'interprofession tente de gagner leur intérêt avec un site Facebook dédié au melon ainsi qu'un blog et un site Twitter donnant des recettes nouvelles et originales pour déguster ce produit d'été, comme par exemple en brochettes.

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