Tillous-Borde ou Parra, il y a débat

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Tillous-Borde ou Parra, il y a débat
Tillous-Borde ou Parra, il y a débat

Installé au poste de demi de mêlée par Philippe Saint-André depuis un an, Sébastien Tillous-Borde n'apparaît pas sous son meilleur visage depuis le début de la Coupe du monde. Au contraire de Morgan Parra, toujours très bon lors de ses entrées. La hiérarchie peut-elle évoluer au poste de numéro 9 ?

L’un compte 64 sélections et a déjà participé à une finale de Coupe du monde. L’autre n’en compte « que » 18 et découvre le rendez-vous mondial. Pourtant, c’est bien le second qui est titulaire. Installé depuis novembre 2014 et la victoire contre l’Australie au poste de demi de mêlée, Sébastien Tillous-Borde a convaincu Philippe Saint-André d’en faire un homme clé de son dispositif. A ses côtés, Camille Lopez semblait bien parti pour compléter la charnière avant de connaître un Tournoi laborieux et de quitter le groupe France. Mais jamais le demi de mêlée du RC Toulon n’a réussi à transposer sa forme étincelante en club avec les Bleus. Et jeudi encore, contre le Canada, l’ancien Castrais n’a pas été à son avantage. Entré en jeu à sa place, comme souvent sous l’ère PSA, Morgan Parra a rassuré et accéléré le jeu des Français.

Mesnel : « Il faut un demi de mêlée qui défende »

Alors forcément, à quelques jours d’un match clé contre l’Irlande, dimanche à Cardiff, le doute est permis. Philippe Saint-André osera-t-il revoir la hiérarchie établie à la mêlée, au risque de couper les ailes définitivement de Tillous-Borde ? Pas sûr, d’autant plus que le profil puissant et défensif du Toulonnais, qu’on peut considérer comme un neuvième avant, correspond mieux au plan de jeu des Bleus basé sur la puissance. « Si on veut assurer un peu de sécurité, il faut aussi un demi de mêlée qui défende si jamais Michalak est en place. Fred est un bon défenseur mais un ouvreur qui fait 80kg finit par se fatiguer s’il se fait châtier par de la bonne barbaque irlandaise », juge l’ancien demi d’ouverture Franck Mesnel. Partenaire de Frédéric Michalak en club, même si les blessures de ce dernier et le règne de Jonny Wilkinson les ont empêchés de jouer régulièrement ensemble, Sébastien Tillous-Borde est un bon complément du buteur des Bleus.

Parra trépigne d’impatience

« Sébastien a fait de gros progrès sur l’éjection du ballon, ça va beaucoup plus vite que par le passé », fait également remarquer Jean-Baptiste Elissalde, ancien titulaire du poste en équipe de France. Interrogé sur la concurrence de Morgan Parra avant le match contre le Canada, le Toulonnais se disait serein. « Je n’y pense pas trop. Morgan a fait un bon match (ndlr : contre la Roumanie), mais la concurrence est saine. On essaye de se tirer vers le haut, c’est important pour nous et pour l’équipe. » De nouveau rassurant contre les Canucks la semaine dernière, le Clermontois ronge son frein sur le banc, semble trépigner d’impatience, lui qui souhaite plus que tout être champion du monde, quatre ans après la finale perdue en Nouvelle-Zélande. « Je suis un compétiteur, j’ai envie de jouer à chaque fois. Maintenant il y a des choix, il faut les accepter et travailler pour l’équipe et avoir la gagne au bout. L’important c’est que l’équipe gagne, et de toute faire pour pouvoir être champion du monde », déclarait-il en conférence de presse il y a trois jours.

Elissalde : « Parra a toutes les qualités pour être titulaire »

Jean-Baptiste Elissalde a côtoyé l’ancien Berjalien à ses débuts chez les Bleus. « Morgan Parra, on connaît ses qualités de meneur d’hommes. Je me souviens de la fraîcheur qu’il avait quand il était arrivé en équipe de France. Ce garçon me plaisait parce qu’il avait cette insouciance qui lui permettait d’accélérer le jeu. Aujourd’hui, j’ai l’impression qu’il est beaucoup à la recherche de l’organisation, quitte à mettre le pied sur le ballon pour ralentir les sorties de balle, et ça ne me plait pas trop. Mais il a toutes les capacités pour être titulaire. » Capable de buter, Morgan Parra offre clairement une alternative à Philippe Saint-André au poste de demi de mêlée. Deux 9 aux profils très différents. « Sébastien est un gros puncheur, un mec qui met du rythme et qui a de grosses qualités individuelles physiquement. Morgan est peut-être techniquement plus précis sur la passe et la vision », jugeait Alexandre Flanquart devant la presse lundi. Et comme le sélectionneur semble assumer son schéma de jeu physique et puissant, Tillous-Borde devrait encore débuter contre l’Irlande. Mais le Toulonnais n’a plus de joker.

Avec notre envoyé spécial, Jean-François Paturaud

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