ThyssenKrupp sort des Etats-Unis et augmente son capital

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THYSSENKRUPP AUGMENTE SON CAPITAL
THYSSENKRUPP AUGMENTE SON CAPITAL

par Maria Sheahan et Tom Käckenhoff

FRANCFORT (Reuters) - ThyssenKrupp tourne enfin la page de son expansion ratée aux Etats-Unis et compte sur un projet d'augmentation de capital pour lever jusqu'à un milliard d'euros et assainir ainsi sa situation financière.

Le numéro un allemand de l'acier, dont l'empire s'étend de la construction navale aux ascenseurs, a annoncé vendredi soir la vente de son aciérie de Calvert, dans l'Alabama, à ses concurrents ArcelorMittal et Nippon Steel & Sumitomo Metal pour 1,55 milliard de dollars (1,1 milliard d'euros).

L'appel au marché, annoncé dans la foulée, lui permettra d'augmenter son capital de jusqu'à 10% afin de renforcer son bilan et de réduire la dette.

ThyssenKrupp cherchait depuis plus de 18 mois un repreneur pour sa filiale Steel Americas qui, outre le site de Calvert, comprend une aciérie au Brésil.

Ce foyer de pertes était devenu un boulet pour le groupe et l'empêchait de réaliser sa levée de fonds, mais la vente de la seule aciérie de Calvert n'était pas ce qu'espérait le président du directoire Heinrich Hiesinger puisque ThyssenKrupp, de fait, conserve ses 73% dans CSA au Brésil.

Heinrich Hiesinger, qui a pris la tête du groupe en 2011, a demandé du temps pour atteindre ses objectifs.

"Quand vous restructurez une entreprise qui s'est enfoncée depuis de longues années dans une crise profonde, il faut aussi des années pour la remettre sur pied", a-t-il fait valoir lors d'une conférence de presse samedi.

Le patron de Thyssenkrupp entend recentrer le sidérurgiste sur des produits à plus forte marge que l'acier brut et sur les services, mais il a dû faire face à une détérioration continue de la situation financière du groupe.

ThyssenKrupp, autrefois un symbole de la puissance industrielle allemande, a dû en septembre demander un geste à ses banques pour éviter la perte d'une ligne de crédit.

A cela s'ajoute un nouveau revers puisqu'il a été annoncé vendredi que le groupe finlandais Outokumpu lui restituait l'aciérie italienne de Terni et la filiale VDM d'alliages à haute performance que ThyssenKrupp lui avait vendues l'an dernier.

TROISIÈME ANNÉE DANS LE ROUGE

ThyssenKrupp, qui avait le 20 novembre reporté la publication de ses résultats dans l'attente de l'accord sur la vente de l'aciérie américaine, a finalement fait état d'une perte de 1,5 milliard d'euros au titre de l'exercice clos fin septembre.

Ce chiffre marque une amélioration par rapport à la perte de cinq milliards d'euros de 2011/2012 mais il n'en constitue pas moins une troisième perte annuelle pour l'ex-fleuron allemand, qui l'a imputée aux mauvais résultats de Steel Americas, à une amende des autorités de la concurrence et à ses coûts de restructuration.

En conséquence, ThyssenKrupp ne versera pas de dividende - pour la deuxième année consécutive - mais dit viser un résultat à l'équilibre pour l'exercice en cours.

Le taux d'endettement net s'est encore détérioré à 200,6% des capitaux propres fin septembre contre 185,7% trois mois plus tôt, à comparer à un ratio de seulement 34% pour ArcelorMittal, le premier sidérurgiste mondial.

ThyssenKrupp entend ramener ce taux sous 100% grâce à la cession de Calvert et à l'augmentation de capital.

Guido Kerkholl, le directeur financier de ThyssenKrupp, a précisé que le groupe s'efforcerait d'améliorer les performances de CSA au Brésil tout en continuant de rechercher un repreneur.

CSA envoyait une partie de sa production à Calvert et ArcelorMittal et Nippon Steel se sont engagés à rester clients du site brésilien pendant six ans.

La moitié de la production de Calvert sera destinée à l'industrie automobile et le reste s'adressera au secteur de l'énergie pour répondre à la hausse de la demande de tubes en acier.

"L'usine est neuve est à pour principal avantage sa situation géographique. Il y a beaucoup d'usines d'assemblage de constructeurs (automobiles) japonais à proximité", s'est félicité samedi Shinya Higuchi, vice-président de Nippon Steel.

"Nous pensons que l'usine tournera à pleine capacité dès le début et sera très rapidement profitable, compte tenu de la solide base de clientèle déjà acquise", a-t-il ajouté.

Avec les contributions d'Arno Schütze, d'Alexander Hübner, de Yuka Obayashi et de Clara Ferreira-Marques; Véronique Tison pour le service français

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