Thomson Reuters dans le rouge au 4e trimestre

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THOMSON REUTERS EN PERTE AU 4E TRIMESTRE APRÈS DES CHARGES EXCEPTIONNELLES
THOMSON REUTERS EN PERTE AU 4E TRIMESTRE APRÈS DES CHARGES EXCEPTIONNELLES

par Jennifer Saba

NEW YORK (Reuters) - Thomson Reuters a publié jeudi une perte de 2,57 milliards de dollars (1,9 milliard d'euros environ) au titre du quatrième trimestre 2011, en raison d'une charge de dépréciation de survaleur qui intègre dans les comptes du groupe la baisse de valorisation de ses activités de services financiers.

Il s'agit des premiers comptes publiés par le groupe de presse et d'informations financières depuis l'arrivée à la direction générale de James Smith en décembre.

Au quatrième trimestre 2010, Thomson Reuters avait réalisé un bénéfice de 224 millions de dollars.

Hors éléments exceptionnels, les résultats se sont améliorés au quatrième trimestre. Mais le montant de la charge exceptionnelle passée donne une indication de l'ampleur des problèmes rencontrés par le groupe dans les services financiers -l'ex-division "Marchés"- sur l'année écoulée, des difficultés qui ont contribué à la chute de 30% de son cours de Bourse.

Les charges reflètent aussi la volonté de la nouvelle équipe de direction de solder les problèmes du passé et de repartir sur de nouvelles bases.

Les clients de Thomson Reuters dans la banque et la finance ont réduit leurs coûts en licenciant massivement ces dernières années. En outre, son nouveau logiciel financier Eikon pour les ordinateurs personnels ne s'est pas vendu aussi bien que prévu. Il revendique 15.000 utilisateurs actifs contre 8.000 fin septembre.

En 2011, Thomson Reuters a entrepris une série de changements au niveau des structures et du management pour tenter de redresser la branche services financiers et de faire remonter son cours de Bourse

Cela s'est traduit par le départ du prédécesseur de James Smith, Tom Glocer, qui avait participé à l'organisation du rachat du britannique Reuters par le canadien Thomson en 2008 pour 17,2 milliards de dollars.

L'opération avait été conclue avec une prime de 40% par rapport au cours de Bourse de Reuters à l'époque. La charge de trois milliards de dollars représente 17% de ce prix d'achat.

La banche marchés, dont les produits sont en concurrence avec ceux de Bloomberg, Factset Research et Dow Jones (groupe News Corp) affiche des facturations en hausse de 2% avant effets de change, à 1,85 milliard de dollars.

LA BRANCHE PROFESSIONNELS TIRE SON ÉPINGLE DU JEU

En revanche, la branche qui s'adresse aux professionnels du droit ou de la finance est parvenue à tirer son épingle du jeu ces derniers mois: son chiffre d'affaires a augmenté de 9% sur la période octobre-décembre à taux de changes constants, à 1,5 milliard de dollars.

Cette activité représente 42% du chiffre d'affaires consolidé du groupe dont les deux branches "Marchés" et "Professionnels" ont été fusionnées au 1er janvier. Le groupe est désormais organisé selon quatre branches: Juridique, Fiscalité & Comptabilité, Propriété intellectuelle & Sciences et enfin Finance & Risque.

La réorganisation des activités Marchés s'est traduite par une charge exceptionnelle de 50 millions de dollars, qui inclut des coûts liés à des suppressions de postes. Le nombre total celles-ci n'a pas été donné.

Le bénéfice ajusté par action du quatrième trimestre, qui ne comprend pas la charge pour dépréciation de survaleurs, est en hausse. Il est passé à 54 cents, contre 37 cents il y a un an.

Si l'on ne tient pas compte non plus des charges de restructuration, le BPA ressort à 59 cents alors que le marché anticipait 56 cents, selon le consensus établi par Thomson Reuters I/B/E/S.

Le chiffre d'affaires des activités maintenues a augmenté de 5% avant effets de changes à 3,4 milliards de dollars. Le marché attendait 3,3 milliards de dollars.

La marge d'exploitation retraitée s'est établie à 19,6% contre 19,1% au quatrième trimestre 2010. Pour 2012, Thomson Reuters anticipe une marge comprise entre 18 et 19%.

Pour 2012, le groupe dit s'attendre à un chiffre d'affaires en faible hausse. Avant la publication des résultats, les analystes anticipaient une croissance de 2% du chiffre d'affaires à 13,09 milliards de dollars.

Les difficultés dans le secteur de la presse se sont traduites par d'autres dépréciations importantes ces dernières années. Après avoir payé 5,6 milliards de dollars en 2007 pour acquérir Dow Jones, l'éditeur du Wall Street Journal, News Corp a dû passer une charge de 2,8 milliards de dollars l'année suivante.

A la fin 2011, Thomson Reuters valorisait son goodwill 15,9 milliards de dollars, contre 18,9 milliards fin 2010.

Thomson Reuters a également annoncé jeudi son intention de vendre trois sociétés dans le domaine professionnel qui représentent un chiffre d'affaires total de 155 millions de dollars.

Le dividende annuel est augmenté de 4 cents à 1,28 dollar par action.

Danielle Rouquié pour le service français, édité par Marc Angrand

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