Thierry Lepaon de la CGT craint une dérive à l'italienne

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LE FUTUR SECRÉTAIRE GÉNÉRAL DE LA CGT REDOUTE UNE DÉRIVE À L'ITALIENNE EN FRANCE
LE FUTUR SECRÉTAIRE GÉNÉRAL DE LA CGT REDOUTE UNE DÉRIVE À L'ITALIENNE EN FRANCE

par Emmanuel Jarry

PARIS (Reuters) - Le futur secrétaire général de la CGT, Thierry Lepaon, redoute le développement d'une situation à l'italienne en France si le gouvernement de François Hollande ne corrige pas sa politique.

L'Italie est devenue virtuellement ingouvernable après les dernières élections générales qui ont vu la percée du populiste Beppe Grillo et de son Mouvement 5 Etoiles.

"Le problème est que quand les gens n'ont plus confiance dans les partis politiques dits classiques, ils se retournent vers l'abstention ou vers des candidatures comme celle-là", a déclaré jeudi Thierry Lepaon dans une interview à Reuters.

"Bien sûr que c'est un risque en France", a ajouté le successeur de Bernard Thibault, qui prendra ses fonctions à l'issue du congrès de la CGT, du 18 au 22 mars à Toulouse.

Pour cet ancien soudeur de 53 ans, il y a en fait deux risques "majeurs" en France, où le chômage continue de monter sur fond de panne de l'économie et de plans sociaux.

"Le premier risque, c'est que les gens ne croient plus en rien et ne participent plus. Et là, ce serait un recul dans notre niveau de civilisation", explique-t-il.

"Le deuxième, c'est la montée du Front national et d'avoir des discours extrêmes qui visent à opposer les salariés entre eux, ce qui nous conduirait vers une guerre civile."

"Je considère que c'est la responsabilité du gouvernement actuel de faire en sorte que ça n'arrive pas", ajoute Thierry Lepaon. "Je pense qu'aujourd'hui, il est sur un terrain qui permet le développement d'idées nauséabondes dans notre pays."

La CGT reproche au gouvernement de trahir les promesses du candidat François Hollande et d'être trop "à l'écoute" du Medef, la principale organisation patronale française.

Thierry Lepaon dénonce un "décalage entre les espérances que ce gouvernement a fait naître et la manière dont il entend régler les problèmes auxquels sont confrontés les Français".

Un des derniers points de friction entre la CGT et le gouvernement est le projet de loi sur la sécurisation de l'emploi, retranscription d'un accord entre certains syndicats et le patronat que la CGT et FO ont refusé de signer.

"BINÔME CFDT-MEDEF"

La CGT, FO, la FSU et le syndicat Solidaires avaient organisé mardi quelque 174 manifestations dans toute la France, pour protester contre cet accord et le projet de loi.

Ces défilés ont rassemblé 200.000 personnes selon la CGT, beaucoup moins selon la plupart des observateurs.

Thierry Lepaon minimise la faiblesse de cette mobilisation.

"C'était une première sensibilisation de masse. Ce sont ceux qui sont effectivement au courant du danger qui se sont mobilisés", dit-il. "On sait qu'il est difficile, à partir d'un accord et d'un projet de loi dont les salariés ne mesurent pas les effets, d'engager une mobilisation d'ampleur."

"Il ne faut pas exclure d'autres mobilisations" ajoute le futur secrétaire général de la CGT.

Celle-ci, comme Force ouvrière, conteste le caractère majoritaire de l'accord du 11 janvier, signé, du côté des syndicats, par les seules CFDT, CFTC et CGC. Elle accuse le gouvernement de retarder délibérément l'annonce des résultats des élections professionnelles sur lesquels se fondera désormais la représentativité des centrales syndicales.

"C'est une évidence", explique Thierry Lepaon. "Tout est fait au ministère (du Travail) pour ralentir (cette annonce). Par exemple, ils sont en train de discuter pour savoir si les votes dans les territoires d'Outrer-mer comptent ou pas."

"Ils disent qu'on aura ces résultats le 29 mars mais je pense qu'on n'aura pas les chiffres précis le 29 mars. Ils vont se contenter de nous annoncer une tendance et essayer de nous faire courir jusqu'à l'été", ajoute-t-il.

Pour Thierry Lepaon, l'argument gouvernemental de "l'addition des organisations" pour justifier le caractère majoritaire de l'accord du 11 janvier ne tient pas.

"La CFTC ne va pas atteindre les 8% (de voix nécessaires pour être considérée comme une organisation représentative) et la CGC s'est transformée en syndicat catégoriel", dit-il. "Donc le gouvernement est confronté à une immense difficulté."

"C'est attaquable d'un point de vue juridique et politique. Cet espèce de triumvirat qui est en fait un binôme entre la CFDT et le Medef, sous l'oeil attentif de Matignon et de l'Elysée, ça ne pourra pas durer. On ne peut pas écarter tout le temps les organisations majoritaires du pays", conclut-il.

Edité par Yves Clarisse

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  • M2496916 le jeudi 7 mar 2013 à 15:35

    Le paon fait la roue et le beau mais comme le coq il a les pattes dans sa m.erde nauséabonde.

  • cedricdz le jeudi 7 mar 2013 à 15:32

    Quand il parle de "..discours extrêmes.." Je me dit qu'il doit sûrement faire référence aux commentaires réduits et irresponsables foisonnants sur le site de Bourso. Avis aux experts en "..c'est la faute à.."

  • newwin le jeudi 7 mar 2013 à 15:25

    falliat pas voter hollande gars

  • dbourbie le jeudi 7 mar 2013 à 15:08

    il n'est pas innocent dans l'affaire

  • LeRaleur le jeudi 7 mar 2013 à 14:12

    La faute à qui ? À la CGT comme d'hab.