Thierry Gaubert, proche de Nicolas Sarkozy, en correctionnelle

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THIERRY GAUBERT JUGÉ EN CORRECTIONNELLE
THIERRY GAUBERT JUGÉ EN CORRECTIONNELLE

PARIS (Reuters) - Le procès d'un proche de Nicolas Sarkozy, Thierry Gaubert, poursuivi pour de présumées malversations financières dans l'utilisation des fonds sociaux destinés au logement à la fin des années 1990, s'est ouvert lundi.

Cet ami du chef de l'Etat âgé de 61 ans, conseiller de Nicolas Sarkozy au ministère du Budget entre 1993 et 1995 et secrétaire général de la mairie de Neuilly dans les années 1980 et 1990, comparaît devant le tribunal correctionnel de Nanterre (Hauts-de-Seine) jusqu'au 17 février.

Il a été mis en examen pour abus de biens sociaux et recel, détournement de fonds, prise illégale d'intérêt, escroquerie, faux en écriture, avec quatre autres personnes.

Il est déjà mis en examen dans l'enquête sur une corruption présumée en marge de contrats d'armements et de la présidentielle de 1995, où il nie les accusations de sa femme selon lesquelles il aurait convoyé depuis la Suisse des valises d'argent en espèces.

Lors d'une perquisition l'été dernier, la police a découvert dans ce dossier qu'il avait notamment construit sans la déclarer au fisc une villa de 1.000 m2 en Colombie.

Dans ce nouveau dossier de Nanterre, il comparaît notamment au titre de président de 1984 à 1998 de "CIL L'habitation française", organisme collecteur de la contribution obligatoire des sociétés à l'effort de construction, le "1% logement".

Il était juridiquement à ce titre chargé d'une mission de service public.

LES AVOCATS DE GAUBERT CONFIANTS

Thierry Gaubert nie les charges. "Ce dossier est un inventaire à la Prévert qui va nécessiter des débats techniques car le juge d'instruction a très mal fait son travail, l'enquête devra être refaite à l'audience. L'affaire va se dégonfler", a dit à Reuters un de ses avocats, Me François Esclatine.

Souvent contre l'avis du procureur Philippe Courroye, l'instruction conclue en août 2011 a retenu contre Thierry Gaubert et son ex-directeur général Philippe Smadja 1,2 million d'euros de frais de missions et dépenses diverses jugés abusifs, l'octroi de prêts irréguliers à plusieurs dizaines de proches, ainsi que de nombreuses opérations qui auraient abouti à favoriser des sociétés où il avait des intérêts.

Il lui est aussi reproché un abandon de créance volontaire de 1,3 million d'euros en 1995 et des prêts jugés abusifs de plus de six millions d'euros à l'association Pèlerins de Murcie.

Ces prêts étaient censés favoriser l'insertion des défavorisés par le logement, mais auraient aussi donné lieu à des malversations.

Ce procès a été reporté plusieurs fois, par des retards répétés à l'instruction et dernièrement en 2011 par des "questions prioritaires de constitutionnalité", procédure devenue classique dans les affaires de délinquance financière et consistant à contester la conformité de la loi appliquée avec la Constitution.

Thierry Lévêque, édité par Yves Clarisse

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