Thierry Ehrmann : boom des naissances du côté des musées et centres d'art

le
0
Thierry Ehrmann, le 09 juin 2006, à Lyon AFP PHOTO JEAN-PHILIPPE KSIAZEK
Thierry Ehrmann, le 09 juin 2006, à Lyon AFP PHOTO JEAN-PHILIPPE KSIAZEK

(AFP) - Le marché de l'art contemporain est soutenu par "la très forte demande des musées et centres d'art, très majoritairement privés, qui naissent un peu partout dans le monde", déclare mardi le président-fondateur de la société Artprice, Thierry Ehrmann, dans un entretien à l'AFP.

"Depuis l'an 2000, il s'est créé 7.200 musées, centres d'art et fondations d'art contemporain dans le monde, soit plus qu'au cours des 200 dernières années", indique M. Ehrmann, qui est en train de réaliser une vaste enquête sur "l'industrie muséale" à paraître au premier trimestre 2013.

Le XXè siècle avait vu la création de "moins de 5.000 musées", selon l'homme d'affaires.

La période mi-2012/fin 2017 s'annonce encore plus dynamique que celle allant de 2000 à mi-2012. "Nous nous attendons à la naissance de plus de 9.000 musées, centres d'art, fondations" sur les cinq prochaines années, indique M. Ehrmann.

L'enquête ne retient que les établissements disposant "d'une enveloppe globale (foncier, bâtiment et collection) d'au moins 70 millions de dollars" et écarte les toutes petites structures, précise-t-il.

Menée par la société française Artprice, numéro un mondial des données sur le marché de l'art, et par Organ Museum Research, filiale elle aussi du groupe familial Serveur, l'étude a été lancée il y a près de trois ans. Elle prend en compte plus de 90.000 musées et centres d'art contemporain, clients d'Artprice.com.

"Le musée qui est né en Europe et principalement en France à la fin du XVIIIè siècle, a échappé dans un premier temps à toute logique économique, sa mission étant centrée sur la conservation des oeuvres sous le regard de l'institution publique", déclare M. Ehrmann. "La véritable révolution est venue principalement des Etats-Unis, avec notamment Peggy Guggenheim, qui a jeté les bases de l'industrie muséale au XXe siècle", dit-il.

"Au XXIe siècle, l'industrie muséale est devenue un véritable secteur économique. Jamais la demande n'a été aussi importante pour visiter les nouveaux musées, quel que soit le continent", poursuit M. Ehrmann. La foule se presse en masse dans ces nouveaux lieux de consommation de l'art.

"C'est le pouvoir de l'art, sur tous les continents", s'exclame M. Ehrmann. "Aujourd'hui, les entreprises, les industriels, les distributeurs, les hommes d'affaires, tous ceux qui ont réussi, créent ou envisagent de créer un musée, un centre d'art ou une fondation", dit-il.

"C'est à la fois bon pour leur image, leur statut social mais c'est également vite rentable", assure-t-il.

Ces nouveaux établissements culturels fleurissent un peu partout. En Asie, et principalement en Chine. Mais aussi dans les petits pays du Golfe comme le Qatar où l'Etat investit massivement dans la culture.

En Russie également. "Les millionnaires russes, qui s'offraient des clubs de foot, s'intéressent à présent aux centres d'art", déclare M. Ehrmann.

La côte est des Etats-Unis, l'Australie planifient également de nouveaux établissements culturels.

L'Europe aussi est active et crée de nouveaux centres d'art et fondations, notamment en Allemagne, en Italie du Nord, en Suisse, en Grande-Bretagne, indique-t-il. La France est moins dynamique sur ce plan, précise-t-il.

M. Ehrmann, qui est également sculpteur-plasticien, possède la "Demeure du chaos", à Saint-Romain-au-Mont-d'Or (Rhône). Sur 9.000 m², il y présente 4.500 oeuvres, dont 300 sculptures monumentales, qu'il a réalisées avec ses assistants. L'établissement, dont l'accès est gratuit, reçoit 120.000 visiteurs par an.

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant