Thierry Dusautoir : " On est entré très vite dans le vif du sujet "

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Thierry Dusautoir : " On est entré très vite dans le vif du sujet "
Thierry Dusautoir : " On est entré très vite dans le vif du sujet "

Alors que le XV de France vient de démarrer sa préparation en vue de la Coupe du monde à Marcoussis, Thierry Dusautoir fait le point sur l'importance des semaines à venir pour le tournoi. Il avoue aussi que c'est une phase difficile, mais nécessaire pour être prêt le jour J et viser le titre mondial.

Thierry Dusautoir, comment jugez-vous le début de cette préparation, vous qui commencez à en avoir l’habitude ?
Ça ne fait que deux jours qu’on a commencé, on est déjà tous sur les rotules et c’est déjà très difficile. Mais c’est le lot de toutes les préparations de Coupe du monde et il faut en passer par là pour en profiter lors des matchs. C’est vrai que c’est quand même intense.

Est-ce qu’il faut taper dans les limites à ce point-là, les repousser et se mettre dans ces conditions à trois mois du début de la compétition après une saison si éprouvante ? 
Il y a surtout une envie, une nécessité de passer un cap sur le plan physique. Pour rivaliser et battre les meilleurs, il faut être physiquement prêt et c’est un passage obligé. On a trois semaines intenses avant de vraiment jouer au rugby. Il faut vraiment les mettre à profit. On est entré très vite dans le vif du sujet.

Certains apprécient ces préparations, d’autres n’en sont pas très fans. Qu’en est-il pour vous ?
Je déteste ça mais je sais que c’est un mal nécessaire. Je le fais mais, après, c’est sûr que si on pouvait préparer une saison et être en forme en regardant la télévision et en mangeant des chips, on le ferait tous ! Mais, malheureusement, ce n’est pas comme ça. Il faut aussi accepter de souffrir, d’aller dans ses limites pour être mieux lors des matchs. C’est un passage obligé et, même dans ce passage-là, il faut aussi apprécier ces moments-là qui aident aussi à se connaître car, quand c’est vraiment compliqué et qu’on n’a plus trop d’énergie ou que le cerveau fonctionne différemment, on sait jusqu’où on peut aller.

« Le programme est différent, on n’a pas le temps de s’ennuyer »

C’est dans la souffrance qu’on apprend à connaître ses hommes, ses partenaires ?
Je pense que c’est quand on n’est plus dans notre zone de confort que les caractères, les vraies personnalités ressortent et, parfois, se révèlent. C’est important de vivre ces moments-là.

Pour vous, en tant que capitaine, c’est aussi un moment d’observation, même si vous connaissez tous les joueurs ?
A ce moment très précis, je m’observe moi-même. J’ai aussi besoin d’oxygène à ces moments-là. C’est sûr que dans une préparation, on n’a pas que le terrain, l’activité physique sur le terrain. Il y a aussi des activités annexes où on est moins en souffrance physique mais dans un autre type de stress qui montre aussi, avec le manque de sommeil ou la faim, comment on peut se comporter.

Est-ce qu’il y a un moment de cette préparation que vous redoutez le plus ?
Le moment de la préparation le plus difficile pour moi, c’est avant la préparation, c'est-à-dire les derniers jours de vacances où je ne suis déjà plus en vacances, où je commence à stresser. Je ne suis plus relâché. Une fois dans la préparation, je ne me pose plus de questions, je prends ce qui vient et ce qu’on me propose tous les jours. Le programme est différent, on n’a pas le temps de s’ennuyer.

« On a rarement l’occasion d’être ensemble aussi longtemps »

Est-ce que vous avez coupé du rugby avant le début de cette préparation ?
Je ne l’ai fait que pendant dix jours sur une période de quatre semaines. Mais très vite, j’ai recommencé à entretenir parce qu’on ne veut pas arriver trop à la rue, on sait tous qu’on va souffrir durant la préparation. On se prépare à nouveau mais la difficulté pendant les vacances, c’est de trouver l’équilibre entre le relâchement nécessaire du corps et de l’esprit pour repartir sur une saison qui va être dure et longue et aussi s’entraîner un peu pour ne pas trop perdre de condition.

On a l’impression que cette préparation physique est encore plus importante pour le XV de France que pour les autres équipes avec les problèmes de calendrier...
Je pense que la situation est particulière pour nous car on a rarement l’occasion d’être ensemble aussi longtemps. Ça arrive une fois tous les quatre ans et on a envie de bien utiliser cette période-là pour être performants. Quand on regarde les All Blacks et les nations du Sud en général, c’est quelque chose qu’ils font quasiment chaque année. Nous, c’est vraiment quelque chose de particulier donc on a quand même un très bon espoir d’avoir un autre rendu en septembre qu’on a parfois en novembre sur une saison régulière.

Les sélectionneurs vous ont présenté toute la préparation. Est-ce que vous, en tant que capitaine, vous avez dressé une feuille de route ? Est-ce que vous vous êtes adressé au groupe ou bien vous préférez attendre ?
Je me suis adressé au groupe mais de façon complètement générale dans l’appréhension de cette préparation. Mon discours a été assez général sur ce qu’on pouvait connaître durant la préparation, sur la compétition. Je me suis appuyé sur mon expérience mais aussi sur les joueurs de grande expérience qui composent l’équipe pour aider les plus jeunes qui vont découvrir ce qu’est une préparation de Coupe du monde, une Coupe du monde, la fatigue, la pression qui va avec. Mais aussi et surtout le plaisir que c’est de venir représenter son pays et de se préparer pour ça. Sur une préparation, il y a des hauts et des bas, des moments où on est moins bien mais même ces moments-là, je pense qu’il faut apprendre à les apprécier aussi.

« On va jouer des matchs d’une très grosse intensité »

Est-ce que le fait de savoir qu’après une telle préparation, vous avez été à votre meilleur niveau vous pousse à transmettre à ceux qui ne sont pas allés aussi loin ?
Ce qui est clair, c’est qu’après une préparation d’une intensité comme celle-là, on sera tous meilleurs qu’on ne l’était il y a deux jours. C’est une motivation qui est vraiment importante. On va jouer pendant la Coupe du monde des matchs d’une très grosse intensité, les matchs du meilleur niveau qu’il soit en rugby. Pour ça, il faut être aussi les meilleurs, donner le meilleur de nous-mêmes et on se prépare pour ça.

Quel est votre rôle dans le groupe vis-à-vis de la liste des 31 ? Est-ce que vous avez un discours particulier, notamment pour les plus jeunes joueurs ?
On a encore le temps. Aujourd’hui, on est 36 et ce sont 36 joueurs qui composent le squad de l’équipe de France. On n’est pas encore dans cette concurrence qui risque de polluer l’équipe. On se prépare tous ensemble et on verra au moment des choix. Heureusement, ce n’est pas à moi de les faire, ce sont les entraîneurs qui les feront. On se prépare pour être prêts. Il y a des choix qui seront faits et ils ne seront pas de notre fait. On se prépare à 36 et quand il y aura des choix à faire, ils seront faits.

Est-ce que parfois, vous avez à l’idée le fait que c’est votre dernière Coupe du monde, qu’après l’échec en finale de 2011, il ne peut pas y avoir d’autre sortie qu’avec le trophée ?
C’est sûr que quand on commence quelque chose, on veut toujours faire mieux que la dernière fois. Et faire mieux que la dernière fois, c’est être champion du monde. Je l’ai dans la tête et après, je sais que chaque chose en son temps. On est surtout dans la phase de préparation, il faut savoir profiter de ce moment pour être plus meilleurs dans deux mois lors de la Coupe du monde.

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