Thierry Dusautoir : " Le bilan du XV de France n'est pas satisfaisant "

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Alors que Toulouse reçoit le Stade Français dimanche au Stadium et que le club sort d'une défaite à Clermont, Thierry Dusautoir évoque ce que les Rouge et Noir doivent faire pour remonter au classement. L'ancien capitaine des Bleus parle également du Tournoi des VI Nations et la première de l'équipe de Guy Novès.

Thierry Dusautoir, quel bilan tirez-vous des performances du XV de France lors du Tournoi des VI Nations ?
Il a bien commencé pour se terminer un peu plus difficilement avec notamment le match face à l’Ecosse. On a tous été très laudatif sur les deux premiers matchs, en louant le fait qu’il y ait une équipe assez jeune. Elle a aussi les défauts de ses qualités. Il y a eu un manque d’expérience affiché mais il faut qu’elle continue à travailler et à progresser. Cela ne se fait pas du jour au lendemain. On termine le Tournoi avec trois défaites, donc il y a une certaine déception de l’ensemble de l’équipe. Je pense qu’il faut qu’ils continuent à travailler et qu’ils restent concentrés sur ce qu’ils veulent produire. Ayant un peu plus d’informations que vous, je pense qu’ils travaillent très bien et il faut qu’ils continuent comme cela.

Vous semblez optimiste pour l’avenir de ce XV de France...
J’ai été international plus de neuf ans et, chaque année, vous me posez les mêmes questions et je vous ai répondu de la même façon. Maintenant, je ne le suis plus mais je peux répéter les mêmes choses. Aujourd’hui, il y a des personnes qui sont aux commandes, qui ont ces responsabilités-là. Je pense que l’un des problèmes est identifié depuis maintenant un peu plus d’une décennie.

Est-ce une question de génération, comme certains observateurs l’avancent ?
Je ne sais pas mais, sur les deux premiers matchs, je n’entendais pas ces commentaires-là. Il faut arrêter de tourner sa veste à chaque résultat du XV de France. Ils ont mal terminé le Tournoi des VI Nations mais je leur souhaite de continuer à progresser et d’avoir de meilleurs résultats pour la suite.

Est-ce que vous pensez que le XV de France peut être touché par une génération sans titre ?
Non, je ne pense pas. Quand ces joueurs jouent en club, personne ne se pose la question. Lorsqu’ils jouent en Coupe d’Europe et qu’ils dominent leurs adversaires directs, personne ne se pose la question non plus. Ce sont des joueurs qu’il faut faire progresser, qui doivent appréhender le niveau international et la pression qui est autour. Sur le premier Tournoi, le bilan n’est pas satisfaisant parce qu’il y a une cinquième place. Maintenant, il faut laisser le temps à ces jeunes joueurs, que tout le monde a mis en avant il y a quelques temps et que tout le monde était content de voir, pour qu’ils puissent continuer à progresser, à faire leur expérience et offrir des joies dans l’avenir aux supporters du XV de France.

Toulouse peut retrouver les sommets

Revenons à Toulouse, le club semble pris dans une spirale négative...
Oui, c’est une suite de résultats qui est négative au vu de nos prestations et de ce que l’équipe a pu montrer. Il faut être beaucoup plus réaliste. Il est vrai que c’est une bonne occasion ce week-end face aux champions en titre de se réveiller, d’être réaliste, de bien jouer au rugby devant notre public avec l’engouement qu’il va y avoir autour de ce match, et au Stadium, pour gagner et retrouver le goût de la victoire.

Est-ce que les coups du sort qui frappent votre équipe provoquent chez vous de l’amertume ?
Evidemment, nous sommes déçus des résultats qu’on peut avoir depuis un certain temps. Toutefois, nous sommes sur le bon chemin pour gagner nos matchs, pour réussir et c’est en ayant ce genre de production avec plus de réussite qu’on trouvera la solution. On a des matchs de très haut niveau jusqu’à la fin de la saison à commencer par la réception du Stade Français ce week-end. On sait tous que nous jouons un championnat exigeant et le match qui arrive ne fera pas exception.

Qu’est-ce qui manque au Stade Toulousain ?
La finition. On a souvent l’occasion de tuer nos matchs, de mettre l’adversaire à distance mais on ne réussit pas à le faire. Peut-être qu’avec notre production, on se procure beaucoup d’occasions et qu’on se dit que ce sera peut-être la prochaine. Effectivement, on n’a pas l’énergie, l’oxygène pour ces matchs-là, sachant aussi que nous avons en face des adversaires qui vendent chèrement leur peau et qui sont de qualité aussi. Lorsque nous avons l’opportunité de marquer des points, il faut le faire et arrêter de gâcher nos occasions. Après, il y a des explications diverses comme la faillite de nos buteurs ces derniers temps. En tout cas, c’est une faillite collective qui ne nous a pas permis de terminer les matchs de façon positive.

Est-ce que le fait de passer de la première à la sixième place met plus de pression ?
Oui mais il reste encore du temps pour se qualifier. C’est vrai qu’il y a une urgence de gagner des points pour la suite du championnat. On aimerait être à une position différente. On connait le problème et on sait où trouver la clé donc il faut continuer à avancer dans cette voie-là et je pense que l’avenir sera plus radieux qu’il ne l’a été ces dernières semaines.

Un contre-la-montre pour la qualification

Est-ce que votre qualification se joue sur les quatre prochains matchs ?
Je ne saurai pas dire combien de matchs il reste exactement mais c’est certain qu’il faut engranger des points parce que nous affrontons des adversaires qui jouent la qualification. Ce vont être des matchs au couteau avec beaucoup d’enjeu. Tous les points sont à prendre.

Etes-vous rassuré par l’engagement et l’état d’esprit affichés ?
Oui, ça n’a jamais été le problème. Maintenant, il fait garder confiance en nous et il ne faudra pas que les derniers coups du sort nous polluent. Quand on regarde le match d’hier (dimanche), je ne pense pas que cela soit le cas et c’est très bien. Connaissant bien l’équipe et les joueurs qui sont ici, ce sont des matchs qui nous motivent et qui vont nous amener à chercher le meilleur en nous-même.

L’orgueil est-il touché ?
Je ne pense pas que ce soit une question d’orgueil. C’est plus des contre-performances. Contre La Rochelle, effectivement, l’orgueil était touché. Depuis, l’équipe répond présente dans sa production. C’est plutôt de la frustration de ne pas faire pencher la balance de notre côté, mais on va continuer à bosser pour que cela soit le cas. Avec l’appui de notre public qui sera nombreux ce week-end contre le Stade Français, je suis certain qu’on va faire un match de haut niveau.

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