Thierry Colombié : "Blatter, c'est peanut par rapport à un parrain "

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Thierry Colombié : "Blatter, c'est peanut par rapport à un parrain "
Thierry Colombié : "Blatter, c'est peanut par rapport à un parrain "

L'éclatement du FIFAgate a jeté une lumière crue sur l'institution et ses mœurs. Et du coup, des esprits mal intentionnés n'ont eu de cesse d'établir des comparaisons plus ou moins bancales entre la maison-mère du football et les grandes familles du crime organisé. Si l'analogie est tentante, peut-on néanmoins s'en contenter ? Thierry Colombié, spécialiste de la question et auteur de nombreux ouvrages sur le sujet, pense en effet qu'il faut nuancer le propos.

" Système mafieux ", " corruption ", le vocabulaire employé pour décrire la FIFA ne cesse de la rapprocher du crime organisé, est-ce vraiment pertinent ? Il s'agit d'une question assez compliquée. D'abord, nous sommes face à des mondes - d'un coté le crime organisé, de l'autre le football - qui se côtoient beaucoup plus qu'on ne le pense. Il ne s'agit pas véritablement d'une surprise pour nous, en France. Nous avons quand même vécu quelques affaires tonitruantes à Bordeaux, Saint-Étienne, Marseille, Toulon, en Corse, etc. Des clubs riches ou supposés comme tels ont été la cible de quelques groupes criminels... Et je ne parle même pas de la L2. Il est évident que pour de multiples raisons, le " milieu ", pour employer le vocabulaire hexagonal, n'a eu qu'à se baisser pour à la fois identifier des clubs " ressources " et après exercer ses malversations. Cette réalité se retrouve dans de nombreux pays. Partout où existent des clubs très riches, le crime organisé n'est pas loin.
Toutefois peut-on pour autant établir un signe d'égalité entre ces deux univers, surtout pour une institution comme la FIFA ? Il faut déjà bien définir notre objet. Le crime organisé ne se résume pas seulement à des bandits. C'est le cliché classique en France. Tout le monde les imagine encore en pistoleros qui attaquent des fourgons, rackettent des gens ou placent des machines à sous, ce que les spécialistes appellent grossièrement les actes de prédation. De fait, la vraie mafia s'apparente davantage à un guéridon avec un trépied. Le premier c'est le cœur de métier, la grande criminalité, avec toujours ses deux appuis, comme un grand footballeur, l'un dans le légal, l'autre dans l'illicite. Le deuxième pied, c'est la police. Le troisième, on l'aura deviné, la politique. Voila une mafia. Or on va imaginer très vite que la FIFA étant une entité liée au sport, qui a depuis une trentaine d'années connu une explosion de budget et d'importance économique, elle a donc eu besoin de tisser ou d'entretenir des rapports avec la police et la politique. La similitude de profils est frappante, et c'est ce qui a permis donc au monde criminel, déjà présent par ailleurs dans d'autres secteurs sportifs, à l'instar de la boxe ou même au sein de certains comités olympiques, de trouver des portes d'entrée vers les organes prépondérants de direction…

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