Thierry Braillard : " Je ne peux pas donner un aval à cette situation "

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Ce jeudi, Thierry Braillard, le secrétaire d'Etat aux Sports, a répondu aux questions d'Alexandre Delpérier dans l' " Access 365 ". Il est notamment revenu sur les déclarations du président du RC Toulon, Mourad Boudjellal, qui menace de quitter le championnat français pour aller en Angleterre.

Thierry Braillard, êtes-vous agacé par toutes ces tensions qui agitent le rugby français ?
Disons qu’à un moment donné il serait bon de remettre l’équipe de France au coeur des ambitions rugbystiques françaises. Je pense que ces dernières années ça n’a pas toujours été la priorité et ça doit le redevenir.

La meilleure équipe française de ces dernières années veut quitter le championnat français pour aller jouer en Angleterre, c’est énorme non ?
Oui mais la difficulté c’est déjà d’avoir de bons centres de formation et il faut qu’il y ait des investissements qui soient faits car ça n’a pas toujours été le cas. Il faut que les cubs français fassent attention à ce que les joueurs français qui sont formés ne regardent pas trop les matchs des tribunes et jouent un peu plus. On a quand même aujourd’hui des exemples de joueurs français qui sont sélectionnables en équipe de France et qui passent plus leur temps dans les tribunes des stades que sur le terrain. On ne peut pas leur demander d’être autant performants que leurs adversaires néo-zélandais, sud-africains ou australiens qui vont eux jouer le nombre de matchs qu’il faut pour être en forme alors que les nôtres vont parfois avoir ce genre de difficultés. C’est un problème auquel il va bien falloir réfléchir à un moment donné.

Mourad Boudjellal peut rétorquer qu’il gagne de cette façon le titre européen...
Oui mais il y a un droit sportif qui dépend de la Fédération. Il a un club : ce n’est pas forcément son équipe première, il y a aussi des jeunes qui jouent en Reichel, en Crabos,... Le RC Toulon, ce n’est pas juste une équipe première qui joue avec des stars. C’est tout un club, avec de la formation, avec des jeunes, et donc à un moment donné il faut savoir ce qu’on veut : soit un décide de faire un club avec une seule équipe et là on fait venir les vingt meilleures stars du rugby et on peut jouer la Coupe d’Europe et vouloir être champion d’Angleterre, du pays de Galles, d’Ecosse... Soit on a véritablement un club de rugby et la formation est essentielle. Il ne faut surtout pas mépriser le monde amateur.

« A aucun moment Pierre Camou ne s'est montré fantomatique »

C'est du bluff ou il y a vraiment une chance que Mourad Boudjellal migre vers le championnat anglais ?
Si on l’écoute : si c’est pour terminer sur une ligue qui serait privée et fermée ça va à l’encontre de la pratique de ce que le sport français a généré. Je ne peux défendre le gain sportif. Le fait qu’il y ait des montées et des descentes est l’ADN du sport français. Je ne peux pas donner un aval à cette situation qui voudrait qu'il y ait des ligues fermées et un championnat anglais qui deviendrait le championnat d’Europe.

Le président de la FFR Pierre Camou s’exprime très rarement... Il est un peu fantomatique. Est-ce que ce n’est pas un problème aussi ?
Je ne me permettrais pas de rentrer dans toutes polémiques. Il y a en plus des élections, et toute déclaration que je pourrais faire pourrait avoir des interprétations. Mais ce n’est pas parce qu’on ne répond pas aux médias, que l’on est fantomatique. Pendant la Coupe du Monde j’ai eu l’occasion de voir et m’entretenir avec Pierre Camou et à aucun moment il ne s’est montré fantomatique.

Quelle est la position du ministère sur le projet de stade de la Fédération ?
C’est un projet que la Fédération compte financer à l’instar de la Fédération anglaise de rugby qui a racheté et modernisé Twickenham, ou de la Fédération ecossaise de rugby qui est propriétaire de Murrayfield. La Fédération est en train de faire le « tour de table » et de réunir les fonds. Il ne faut pas avoir peur de ces projets privés. J’ai suivi pendant longtemps le projet du grand stade de l’Olympique lyonnais : qu’a-t-on entendu ? Dire que ça ne se ferait pas, que c’était une folie, que monsieur Aulas n’y arriverait pas... Et vous voyez très bien qu’aujourd’hui c’est une satisfaction pour tout le monde. La FFR travaille pour avoir le financement de son stade et pour l’instant le ministère regarde ce projet avec bienveillance.

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