Theresa May s'efforce de rassurer le patronat sur le Brexit

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 (Actualisé après le discours) 
    LONDRES, 21 novembre (Reuters) - La Première ministre 
britannique a promis lundi de dissiper les craintes du patronat, 
qui redoute de se trouver "au bord du gouffre" lorsque la 
Grande-Bretagne quittera effectivement l'Union européenne.  
    Theresa May, qui s'exprimait devant l'organisation patronale 
CBI, a notamment laissé entendre qu'elle n'était pas hostile à 
un accord de transition qui laisserait le temps à Londres de 
définir le cadre de ses relations économiques avec l'UE à 
l'issue de la procédure de divorce. 
    Elle s'est également efforcée de rassurer les investisseurs 
au sujet de son projet visant à faire entrer les salariés dans 
les conseils d'administration et de sa promesse de lutter contre 
les excès en matière de rémunérations. 
    "S'il est important que les salariés et les consommateurs 
aient voix au chapitre, je peux vous garantir qu'il n'est pas 
question de mandater des conseils de salariés ni de nommer des 
salariés ou des représentants syndicaux dans les conseils 
d'administration", a-t-elle promis.  
    Theresa May n'a en revanche toujours pas dit ce qu'elle 
attend des négociations avec Bruxelles, qui débuteront 
lorsqu'elle aura invoqué - en principe d'ici fin mars - 
l'article 50 du traité de Lisbonne ouvrant la voie à la rupture. 
    Les chefs d'entreprise doivent comprendre mieux que personne 
que rien ne doit nuire à la recherche du "meilleur" compromis, 
a-t-elle fait valoir pour justifier son refus d'entrer dans les 
détails.  
    Interrogée sur l'accord de transition souhaité par le 
patronat, la Première ministre a dit vouloir obtenir "le 
meilleur arrangement pour le Royaume-Uni et pour ses 
entreprises".    
    "J'ai conscience que des questions vont devoir être étudiées 
(...), que les gens ne veulent pas se retrouver au bord du 
gouffre. Ils veulent savoir comment les choses vont évoluer. 
C'est le travail qui sera accompli dans le cadre des 
négociations", a-t-elle expliqué, répondant à Paul Drechsler, 
président de la CBI. 
     
    STRATÉGIE INDUSTRIELLE 
    "Qu'arrivera-t-il au lendemain du Brexit, quand minuit 
sonnera au terme des deux ans de notre délai de négociation ? 
Aujourd'hui, les entreprises pensent inévitablement au scénario 
du bord du gouffre, celui d'un bouleversement du jour au 
lendemain des conditions d'activité", a-t-il souligné.       
    Theresa May a par ailleurs répété qu'elle comptait faire 
passer le taux de l'impôt sur les sociétés de 20 à 17% d'ici 
2020 afin que la Grande-Bretagne ait le taux d'imposition des 
bénéfices le plus faible des 20 principales économies mondiales. 
    Le Daily Telegraph avait auparavant annoncé qu'elle pourrait 
la ramener sous les 15%, seuil promis aux Etats-Unis par Donald 
Trump pendant sa campagne présidentielle. 
    A Berlin, le ministre allemand des Finances lui a d'ailleurs 
adressé une mise en garde sur ce point. "La Grande-Bretagne est 
toujours membre de l'Union européenne. Elle est donc toujours 
tenue par la législation européenne", a souligné Wolfgang 
Schäuble.   
    Theresa May a en outre levé une partie du voile sur sa 
"stratégie industrielle" en promettant une enveloppe 
supplémentaire de deux milliards de livres (2,32 milliards 
d'euros) par an d'ici 2020 pour la recherche et le 
développement, et la création d'un fonds de soutien à des 
domaines comme la robotique et les biotechnologies. 
    L'expression "stratégie industrielle" n'est pas neutre en 
Grande-Bretagne, où elle rappelle les efforts fournis en vain 
dans les années 1970 pour sortir le secteur automobile de son 
marasme. 
    Le gouvernement s'apprête en outre à lancer un audit des 
dispositifs fiscaux déployés pour garantir la compétitivité de 
la Grande-Bretagne pour les scientifiques, les créateurs 
innovants et les investisseurs. 
    Theresa May a prononcé son discours à l'avant-veille de la 
présentation du projet de budget du ministre des Finances, 
Philip Hammond.   
 
 (Elizabeth Piper et William James; Nicolas Delame et 
Jean-Philippe Lefief pour le service français, édité par Marc 
Angrand) 
 
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  • jean-648 il y a 8 mois

    Elle peut toujours rassurer les chefs d'entreprises du RU si il faudra payer une taxe douanière pour vendre leurs produits en Europe, il sera plus facile de fabriquer les produits ailleurs que chez eux.