Theresa May promet un nouveau rôle pour son pays

le , mis à jour à 20:25
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THERESA MAY VEUT UNE PLACE AUDACIEUSE DANS LE MONDE POUR LES BRITANNIQUES
THERESA MAY VEUT UNE PLACE AUDACIEUSE DANS LE MONDE POUR LES BRITANNIQUES

par Kylie MacLellan et William James

LONDRES (Reuters) - Chargée de former un nouveau gouvernement, Theresa May a promis mercredi qu'elle allait travailler à forger un nouveau rôle pour la Grande-Bretagne dans le monde après la sortie de l'Union européenne en prenant en compte les intérêts des Britanniques moyens et non des nantis.

Nouvelle chef du Parti conservateur, l'ancienne ministre de l'Intérieur a été reçue en audience par la reine Elisabeth à Buckingham Palace et comme le veut la tradition la souveraine lui a demandé de constituer un cabinet.

Dans sa première déclaration en tant que Première ministre, Theresa May a reconnu que la Grande-Bretagne était confrontée "à une période de grands défis après le référendum. Mais parce que nous sommes la Grande-Bretagne, je sais que nous nous montrerons à la hauteur de ces défis", a-t-elle ajouté avant d'entrer au 10, Downing Street, résidence du Premier ministre britannique.

"Nous allons quitter l'Union européenne et nous allons nous forger un nouveau rôle audacieux dans le monde et nous ferons de la Grande-Bretagne un pays qui ne fonctionne pas pour un petit nombre de privilégiés mais pour chacun d'entre nous", a-t-elle ajouté.

Theresa May, qui avait fait campagne en faveur du maintien ("Remain") de la Grande-Bretagne dans l'UE, succède à David Cameron, au pouvoir depuis 2010, qui a remis sa démission à la reine Elisabeth.

Selon la Constitution coutumière britannique, la reine demande au chef du parti majoritaire à la Chambre des communes de former le gouvernement.

David Cameron avait annoncé qu'il quitterait son poste au lendemain du vote des Britanniques en faveur d'une sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne le 23 juin dernier.

Theresa May va maintenant devoir mener les négociations conduisant au divorce entre son pays et le bloc communautaire européen avec en point de mire les relations commerciales et les investissements.

Elle devra également tenter de réunifier un Parti conservateur fracturé par le Brexit et une nation divisée par un scrutin qui a marqué la colère et le ressentiment de la population à l'égard des élites et de la mondialisation.

UNE POLITIQUE POUR LES BRITANNIQUES MOYENS

Consciente des tâches qui l'attendent, Theresa May a précisé d'emblée : "le gouvernement que je vais diriger ne sera pas animé par la défense des intérêts de quelques privilégiés mais par les vôtres. Nous ferons tout ce que nous pourrons pour vous donner plus de contrôle sur votre existence".

"Quand nous prendrons de grandes décisions, nous ne penserons pas aux puissants mais à vous, lorsque nous adopterons des lois nous n'écouterons pas les puissants mais vous, quand il s'agira de fiscalité nous ne favoriserons pas les nantis mais vous", a-t-elle promis.

Très attentive à ce Brexit, la présidence américaine a réagi rapidement pour féliciter Theresa May de sa nomination et se réjouir que les premières déclarations de la nouvelle chef du gouvernement soient en accord avec les conseils offerts par Barack Obama.

Theresa May devrait s'atteler immédiatement à la composition de son gouvernement. Cette tâche s'annonce délicate tant il lui faudra trouver le juste équilibre entre les différentes composantes de la majorité conservatrice et tenter de réunifier un parti qui a affiché de profondes lignes de fracture au cours de la campagne pour le référendum sur le "Brexit".

"Bien sûr, Theresa va faire en sorte d'avoir une équipe équilibrée représentant les différentes sensibilités du parti", a déclaré mercredi à la BBC Chris Grayling, ministre des relations avec la Chambre des communes, partisan du Brexit et directeur de la campagne de Theresa May.

Sans s'impliquer outre-mesure, Theresa May a fait campagne en faveur du maintien du Royaume-Uni dans l'Union européenne, mais elle a depuis prévenu qu'elle respecterait le verdict des urnes, martelant que "Le Brexit, cela veut dire Brexit".

En dépit des pressions venues de l'Union européenne où l'on souhaite que la question de la sortie de la Grande-Bretagne soit réglée au plus vite, Theresa May a fait savoir qu'elle ne se précipiterait pas pour invoquer l'article 50 du Traité de Lisbonne qui encadre le processus de sortie de l'UE.

Les observateurs de la vie politique britannique s'attendent à ce que la nouvelle dirigeante de l'exécutif désigne plusieurs femmes à des postes-clés et il n'est pas exclu que le ministre des Finances George Osborne perde son portefeuille.

Theresa May a d'ores et déjà annoncé qu'elle créerait un ministère chargé de conduire la procédure de sortie de l'Union européenne et qu'il serait dirigé par une personnalité ayant fait campagne dans le camp du "Brexit".

"C'est extrêmement judicieux. Cela offrira à ceux qui ont fait campagne en faveur du 'Leave' un champion qui croit en ce pourquoi ils ont fait campagne", a commenté Chris Grayling.

(Pierre Sérisier, Jean-Stéphane Brosse et Nicolas Delame pour le service français)

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