Theresa May déclenchera le "Brexit" le 29 mars

le , mis à jour à 17:34
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 (Actualisé avec propos de May, de Merkel, et précisions) 
    par William James et Elizabeth Piper 
    BRUXELLES/LONDRES, 20 mars (Reuters) - La Première ministre 
britannique Theresa May écrira à l'Union européenne le 29 mars 
pour annoncer formellement la volonté du Royaume-Uni de sortir 
de l'UE, a annoncé lundi son porte-parole.  
    En vertu de l'article 50 du traité européen de Lisbonne, 
cette notification déclenchera un compte à rebours de deux ans 
pour trouver un accord sur ce Brexit, en faveur duquel les 
électeurs britanniques se sont prononcés par 52% contre 48% lors 
du référendum du 23 juin dernier. 
    D'ici la fin de la semaine prochaine, dans les 48 heures 
suivant la réception de la lettre de Theresa May, le président 
du Conseil européen Donald Tusk devrait distribuer aux 
gouvernements des 27 pays membres restants un document exposant 
les grandes lignes directrices des négociations.  
    Donald Tusk convoquera également les 27 dirigeants des pays 
membres pour un sommet, probablement début mai, destiné à 
entériner ces lignes directrices.   
    Une fois celles-ci validées, et donnant ainsi mandat à la 
Commission européenne pour conduire les négociations, le 
négociateur européen chargé du Brexit, le Français Michel 
Barnier, devrait pouvoir entamer courant mai -- et au plus tôt 
au début de ce mois-là -- les discussions avec son homologue 
britannique, le ministre du Brexit David Davis. 
    La livre sterling, qui avait atteint un plus haut de trois 
semaines face au dollar, s'est repliée à la suite des 
déclarations de David Davis parlant d'une étape qui placera la 
Grande-Bretagne "au seuil des négociations les plus importantes 
pour le pays depuis une génération". 
    "Le gouvernement affiche clairement ses objectifs: un accord 
qui marche pour chaque nation et région du Royaume-Uni, et de 
fait pour l'ensemble de l'Europe -- un nouveau partenariat 
positif entre le Royaume-Uni et nos amis et alliés de l'Union 
européenne." 
     
    DEUX CHANTIERS A ENGAGER 
    Theresa May espère négocier des conditions qui permettront 
de maintenir des relations économiques et politiques les plus 
étroites possibles avec les pays membres de l'UE après le 
Brexit, tout en correspondant aux attentes des eurosceptiques du 
Parti conservateur : ceux-ci réclament une rupture claire et 
nette avec une UE qui, selon eux, a confisqué la souveraineté de 
la Grande-Bretagne. 
    Elle a déclaré lundi qu'elle négocierait "pour tous les 
habitants du Royaume-Uni et pour toutes ses composantes". 
    "Nous allons nous retrousser les manches et négocier 
âprement, en permettant ce pour quoi les Britanniques se sont 
prononcés", a-t-elle déclaré aux journalistes. 
    Tout en négociant avec les Vingt-Sept, Theresa May, qui a 60 
ans, devra faire face à la menace d'un nouveau référendum sur 
l'indépendance de l'Ecosse, et apaiser dans le même temps les 
craintes de l'Irlande du Nord d'avoir de nouveau une véritable 
frontière avec la République d'Irlande. 
    La première réaction est venue de la chancelière allemande, 
Angela Merkel, pour qui l'UE aura deux chantiers à engager 
durant l'année. 
    "Le premier c'est le Brexit, avec tout ce que cela signifie 
en termes d'avenir dans les relations avec la Grande-Bretagne, 
lorsque les conditions du divorce seront connues", a-t-elle 
déclaré lors d'une conférence de presse avec à ses côtés le 
Premier ministre japonais Shinzo Abe, lors du salon des 
technologies CeBIT de Hanovre. 
    "Le deuxième consistera à déterminer comment nous pouvons 
renforcer la coopération entre les Vingt-Sept de l'UE et leur 
permettre de résister aux crises au XXIe siècle", a-t-elle 
continué. 
 
 (Gabriela Baczynska, William James; Jean-Stéphane Brosse pour 
le service français, édité par Benoît Van Overstraeten) 
 
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