Theolia cherche un moyen de faire face à ses dettes en 2015

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THEOLIA CHERCHE COMMENT FAIRE FACE À SES DETTES
THEOLIA CHERCHE COMMENT FAIRE FACE À SES DETTES

par Benjamin Mallet

PARIS (Reuters) - Theolia a fait savoir jeudi qu'il étudiait différentes options afin de faire face au risque d'un remboursement anticipé de son emprunt convertible, qui pourrait atteindre un maximum de 125,8 millions d'euros au 1er janvier 2015 et menacer l'existence du producteur d'électricité d'origine éolienne.

Cette annonce intervient après l'échec, en septembre 2013, d'une offre amicale de rachat de 335 millions d'euros lancée par un fonds détenu par l'australien Macquarie, qui n'était pas parvenu à obtenir le minimum des deux tiers des droits de vote de la société qu'il visait.

Certains actionnaires minoritaires de Theolia avaient contesté devant la justice les conditions de l'OPA de Macquarie, pourtant recommandée par le conseil d'administration de la société française.

Theolia, dont les pertes se sont creusées en 2013, a précisé que le risque de remboursement anticipé des OCEANE pourrait entraîner une augmentation de capital, l'émission d'une nouvelle dette à maturité étendue, la renégociation des termes de son emprunt convertible, des cessions d'actifs ou encore une nouvelle offre d'achat du groupe.

"La réalisation de l'une, l'autre ou un mix de plusieurs de ces alternatives avant le 31 décembre 2014, date jusqu'à laquelle la continuité d'exploitation est assurée, est cruciale pour la pérennité et le développement futur du groupe", a-t-il souligné dans un communiqué.

"Les solutions techniques sont toutes faisables parce que Theolia peut être attrayante pour un investisseur ou un créancier (...), c'est pour ça que je suis optimiste", a déclaré à Reuters Fady Khallouf, le directeur général du groupe.

"Je considère que la société a manqué une opportunité (avec Macquarie, NDLR) et qu'il appartient maintenant aux actionnaires de se déterminer sur la suite", a-t-il ajouté, précisant vouloir trouver une solution avant la fin du mois de juillet.

"Ces solutions seront toujours, à horizon court et moyen, en retrait par rapport à la solution qu'avait offerte l'OPA."

DETTE NETTE QUASI DOUBLÉE

Au bord de la faillite il y a cinq ans, quand son financement dépendait de la cession d'actifs ou de projets, Theolia souligne que son incapacité à mettre en oeuvre une solution avant fin 2014 pourrait entraîner sa mise sous protection judiciaire, voire sa liquidation.

Fady Khallouf fait cependant valoir que Theolia, en dehors des difficultés liées à son bilan, affiche désormais de solides performances opérationnelles, avec notamment un taux de marge brute d'exploitation de 53% - contre 2,5% en 2010 -, et que son activité ne détruit plus de trésorerie.

La société accuse toutefois une perte nette part du groupe de 41,2 millions d'euros au titre de 2013 (contre -34,2 millions au titre de 2012) avec de nouvelles dépréciations d'actifs, en particulier en Italie, liées à des projets antérieurs à 2009.

Sa dette nette s'est creusée à 424 millions d'euros à fin 2013, contre 225 millions à fin 2012, en raison principalement de la consolidation des dettes financières nettes de l'allemand Breeze Two Energy.

Theolia, qui n'a dégagé un résultat positif qu'au cours d'un seul exercice, en 2010 sous l'effet mécanique d'une augmentation de capital, exploite 1.221 mégawatts pour son propre compte et pour compte de tiers, dans quatre pays (France, Allemagne, Italie, Maroc).

Le groupe privilégie depuis 2010 la vente d'électricité pour compte propre, qui bénéficie d'un chiffre d'affaires prévisible et récurrent et de marges significatives.

L'action Theolia a clôturé mercredi sur un cours de 1,3 euro, affichant un gain de 8,3% depuis début janvier après une baisse de 9,8% en 2013, pour une capitalisation boursière de 84 millions.

(Edité par Dominique Rodriguez)

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