The Grand Milan Hotel

le
0
The Grand Milan Hotel
The Grand Milan Hotel

L'équipe ne domine plus, le prestige se volatilise au fil des saisons, et la salle des trophées ressemble de plus en plus à un musée. Non, l'AC Milan n'est pas en train de mourir. Mais il est en train de dire adieu à une immense partie de son histoire : le Grande Milan de Silvio Berlusconi, dont la décadence fait curieusement penser à un film de Wes Anderson, en mieux évidemment. Profitons donc des derniers moments d'un club au fonctionnement unique, en attendant la suite

Il faut imaginer un paysage merveilleux, fait de shorts courts, de football écouté à la radio et d'accent lombard. Nous sommes dans les années 80 au royaume fantastique du grand championnat italien. Sur ces terres aux multiples monts de toutes les couleurs – le Rossonero, le Nerazzurro, le Bianconero, l'Azzurro, le Biancoceleste, le Giallorosso - l'altitude grandit chaque saison et fait de l'ombre au reste de l'Europe, surtout depuis que l'Angleterre a été bannie par le ciel européen en 1985. Au milieu de cette croissance qui semble alors éternelle, Silvio Berlusconi arrive à la tête du mont rouge et noir pour tenter de le faire grandir plus vite que les autres. Le 24 mars 1986, aux pieds de la montagne, Silvio est aux micros : " Le Milan doit devenir l'équipe la plus prestigieuse au monde en gagnant les trophées internationaux les plus importants, par la force d'un jeu spectaculaire par rapport à ses adversaires. Je veux un Milan courageux, en Italie et à l'étranger, patron du terrain et patron du jeu. Le beau jeu doit être notre objectif principal ".
Il Grande Milan
Même les grands clubs suivent des courbes incontrôlables. C'est Shevchenko qui le dit : " Vous avez déjà vu un électrocardiogramme ? Les battements du cœur font comme ça : au-dessus, en dessous, etc. La vie est faite ainsi, et celle des clubs de football aussi ". C'est le miracle du Grande Milan créé par Berlusconi : donner l'impression d'être au-dessus des tendances durant deux décennies. Du premier Scudetto de Sacchi en 1988 au dernier de Capello en 1996, tout s'explique logiquement par les résultats (5 finales de C1 dont 3 gagnées, 5 Scudetti). Mais depuis 1996, il y a une part de mythe : le Milan de Berlusconi n'a remporté que 3 fois le championnat italien en 18 ans (bientôt 19) : 1999, 2004 et 2011. Pourtant, le Milan n'a jamais cessé d'être le Milan. " Il Milan è il Milan ", disait-on. Une équipe qui pouvait se retrouver dans des situations difficiles en championnat, et ressurgir en Coupe d'Europe, comme en 2003, 2005 et 2007. Le Milan survit au départ en larmes du capitano Franco Baresi en octobre 1997, remplace les Hollandais par Savićević, Boban, Weah et Baggio, puis Bierhoff et Leonardo pour le titre du centenaire en 1999. Et comme il l'avait prédit, Berlusconi bâtit une machine à impressionner.





Lire la suite de l'article sur SoFoot.com

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant