Thalys-Enquête ouverte pour assassinats à caractère terroriste

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* Un projet ciblé, prémédité et un passage à l'acte déterminé * Le suspect a consulté des vidéos djihadistes dans le train * De nombreux voyages en Europe * Le procureur de Paris défend les services français (Actualisé avec détails) par Chine Labbé PARIS, 25 août (Reuters) - Le projet du tireur du Thalys apparaît "ciblé et prémédité", a déclaré mardi le procureur de Paris, qui a ouvert une information judiciaire pour tentatives d'assassinats en relation avec une entreprise terroriste et requis son placement en détention provisoire. Ayoub el Khazzani, Marocain de 25 ans signalé début 2014 à la France par Madrid pour islamisme radical, a nié lors de sa garde à vue de quatre jours tout projet terroriste, assurant avoir trouvé ses armes dans un parc de Bruxelles. "Au terme de déclarations que je qualifierais de fantaisistes, il a indiqué que son plan consistait à braquer les passagers puis à briser une vitre du train pour sauter en marche et s'échapper", a déclaré François Molins à la presse. Mais son projet apparaît "ciblé et prémédité, Ayoub el Khazzani ayant notamment refusé de prendre le train précédent où des places étaient encore disponibles", a-t-il ajouté, relevant son attitude "résolue et un passage à l'acte déterminé". Les investigations qui seront désormais menées par des magistrats "viseront notamment à déterminer la provenance des armes saisies, le parcours d'Ayoub el Khazzani et les liens qu'il a pu tisser, les complicités dont il a bénéficié, ses sources de financement", a indiqué le procureur. Ayoub el Khazzani transportait un pistolet automatique, un fusil d'assaut et neuf chargeurs remplis de 30 cartouches chacun, soit 270 munitions au total. Il avait aussi une bouteille remplie d'essence. Son téléphone portable, dont la ligne a été activée quelques heures avant les faits, "était clairement dédié à la commission (de son) projet criminel", a dit le procureur. Les connections internet effectuées depuis son téléphone ont montré qu'il avait consulté, lors du trajet, une vidéo appelant à des actions violentes au nom d'un islam radical. NOMBREUX VOYAGES EN EUROPE Son compte Facebook a été fermé samedi, a encore précisé François Molins, indiquant que des investigations étaient en cours sur ce point. Des zones d'ombre persistent sur le parcours du jeune homme, né à Tétouan, et qui disposait d'une carte de résident espagnol. Il a travaillé deux mois dans une entreprise de téléphonie en Seine-Saint-Denis, du 3 février au 3 avril 2014, selon son ex-employeur. ID:nL5N10Z2Z7 Le suspect déclare quant à lui avoir vécu à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis) pendant 5 à 7 mois en 2014. Il aurait ensuite été chercher du travail en Belgique, avant de séjourner successivement à Cologne (Allemagne), Vienne (Autriche), Cologne de nouveau, et Bruxelles, où il dit avoir vécu dans un parc. Des perquisitions menées lundi soir à Molenbeek-Saint-Jean, une commune de Bruxelles, ont permis d'établir qu'il y a séjourné "très récemment", chez sa soeur, a indiqué François Molins. Les services de renseignement français, qui ont établi à son encontre une fiche "S", qui signifie Sûreté d'Etat et permet un suivi discret en cas de contrôle, ont par ailleurs relevé sa présence sur un vol Berlin-Istanbul le 10 mai 2015. MOLINS DÉFEND LES SERVICES FRANÇAIS Son retour en Europe est matérialisé par sa présence à bord d'un vol allant d'Antakya (Turquie) à Tirana (Albanie) via Istanbul le 4 juin dernier, a précisé le procureur. L'intéressé nie toutefois s'être rendu en Turquie, porte d'entrée privilégiée des candidats au djihad vers la Syrie. François Molins a défendu mardi l'action des services français, dont la fiche, établie après signalement par Madrid de sa fréquentation assidue d'une mosquée radicale et de sa possible venue en France, ne portait trace d'aucun passage en France, selon une source proche du dossier. "Au vu des éléments communiqués par les services de renseignement espagnols, les services de renseignement français ont pris les précautions nécessaires en émettant une fiche 'S' et en adressant cette fiche (au) fichier d'information Schengen", a-t-il dit. "Je rappelle qu'une fiche 'S' n'est pas une fiche judiciaire (...) permettant une arrestation, c'est une fiche d'attention qui permet, lorsque la personne fichée est contrôlée, de déclencher un processus de surveillance et de suivre l'intéressé", a-t-il ajouté. "Au cours de son séjour en France, Ayoub el Khazzani n'a pas été contrôlé et n'a pas (...) attiré l'attention des services". Le tireur a été condamné à plusieurs reprises en Espagne pour trafic de stupéfiants, notamment. Il y est toujours visé par "plusieurs affaires judiciaires", a précisé le procureur. Quelque 1.882 personnes françaises ou résidant en France sont impliquées dans le djihad en Syrie et 517 personnes sont visées par des enquêtes judiciaires en France, dont 209 sont mises en examen, a déclaré François Molins. (Edité par Yves Clarisse)

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