Thales: Scorpène ou pas, DCNS pèse peu dans les comptes.

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(CercleFinance.com) - En baisse de 1,3% à la Bourse de Paris, l'action Thales sous-performe un indice SBF 120 en hausse de 0,5% après la révélation de la fuite de données sensibles relatives aux sous-marins Scorpène construits par une co-filiale, DCNS Group. Mais si l'affaire pourrait devenir retentissante, le poids de DCNS dans les comptes de Thales demeure très relatif.

Thales est l'un des principaux groupes cotés français donnant, entre autres, dans les équipements militaires et l'électronique de défense. Liés par un pacte d'actionnaires, l'Etat et Dassault Aviation détiennent d'ailleurs chacun un peu plus du quart de son capital, ce qui leur assure conjointement le contrôle du groupe.

Transformée en entreprise sous le nom de DCN puis de DCNS Group, l'ancienne direction des construction navales militaires de l'Etat, qui a fabriqué des navires nucléaires pour la Marine nationale (sous-marins lanceurs d'engins et porte-avions Charles de Gaulle), est aussi un grand nom mondial, à l'export, des frégates et des sous-marins, comme ceux de la classe Scorpène. En 2007, Thales a pris 25% du capital de DCNS, participation portée en 2011 à 35%. Bref, l'Etat français reste l'actionnaire majoritaire (à 62,5%) de DCNS, ce qui en dit long sur l'importance stratégique de l'entreprise pour la France.

Or une “tuile” vient justement de tomber sur le Scorpène : selon des informations du quotidien The Australian, DCNS n'aurait pas su protéger la documentation technique (notamment celle décrivant les capacités en situation de combat) de six sous-marins de cette classe destinés à l'Inde. Ce qui pourrait ravir des rivaux de l'Inde, comme le Pakistan et la Chine, et risque fort d'inquiéter Canberra : en avril dernier, l'Australie a effectivement passé à DCNS une “méga-commande” de 12 de ces navires, un contrat alors chiffré aux environs de 34 milliards d'euros.

En conséquence, les autorités de sûreté de l'Etat ont immédiatement lancé une “enquête approfondie”, et la réputation de DCNS pourrait souffrir. Mais si l'“affaire Scorpène” constitue sans doute un enjeu stratégique majeur, son impact financier pour Thales, actionnaire important mais néanmoins minoritaire de DCNS, semble mesuré.

En effet, Thales a dégagé en 2015 un résultat opérationnel de 1.216 millions d'euros qui, en hausse de 18%, a amélioré la marge correspondante d'un point de pourcentage, au niveau appréciable de 8,6%. Sur ce total, la contribution de DCNS à sa quote-part part (soit 35%) s'est limitée à 22 millions d'euros, après une perte de 117 millions en 2014.

Certes, la tendance s'améliore : au premier semestre 2016, la contribution de DCNS au résultat d'exploitation de Thales a doublé à 20 millions d'euros, mais elle ne représente toujours que 3,6% de celui du groupe de défense dans son ensemble dans son ensemble. Soit 551 millions, chiffre en hausse de 19%, dont + 17% sans tenir compte de DCNS.

Bref, la solide dynamique bénéficiaire dont jouit Thales ne devrait pas être remise en cause par les difficultés de DCNS, ce qui peut expliquer la modestie relative de la réaction du marché parisien ce midi.

EG


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