Thales rêve de changer de taille, vise 10% de marge

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THALES VISE UNE MARGE DE 9,5 À 10% EN 2017 OU 2018
THALES VISE UNE MARGE DE 9,5 À 10% EN 2017 OU 2018

par Cyril Altmeyer

TOULOUSE (Reuters) - Le patron de Thales, Jean-Bernard Lévy, s'est donné pour objectif d'accroître la taille de l'équipementier, comptant davantage sur des acquisitions dans des secteurs civils sur les marchés émergents que sur de la croissance organique, dans un contexte particulièrement incertain dans la défense.

L'ex-patron de Vivendi, qui tenait la première journée investisseurs de Thales en près de quatre ans, vise une marge opérationnelle de 9,5% à 10% en 2017 ou 2018, en hausse de 1,5 à 2 points.

Vers 10h00, l'action Thales accusait néanmoins la plus forte baisse du SBF (-3,2% à 47,755 euros) alors que l'indice affichait de son coté une hausse de 0,4%.

"Monsieur Lévy a détaillé sa stratégie et ses objectifs 2017-18. Ils ne sont pas aussi ambitieux que nous l'espérions", résument les analystes de JPMorgan dans une note.

Certains analystes notent toutefois que c'est la première fois que Thales, qui a pour concurrents les britanniques BAE Systems and Cobham, se montre aussi résolu dans sa volonté de procéder à des acquisitions.

Pour son baptême du feu, un an et demi après sa nomination intervenue juste avant Noël 2012, Jean-Bernard Lévy a dû improviser, l'agenda de la journée investisseurs ayant été bousculé par la visite impromptue du nouveau Premier ministre Manuel Valls dans un site du groupe à Gennevilliers (Hauts-de-Seine) jeudi matin. Dans un restaurant toulousain, il a présenté mercredi soir sa stratégie pour quatre ans à l'issue d'un dîner initialement informel, où il a souligné "l'énorme potentiel inexploité" de Thales.

"Si nous avons des opportunités, nous essaierons d'accélérer notre profil de croissance pour nous développer davantage dans les marchés civils et les émergents", a-t-il dit lors d'une présentation diffusée jeudi matin sur internet. "Cela doit être notre obsession que de croître à nouveau."

SCÉNARIOS DE CROISSANCE

Jean-Bernard Lévy a refusé de partager les "divers scénarios internes" sur le potentiel de croissance du groupe, dont 40% du chiffre d'affaires proviennent encore d'activités militaires dans des pays matures où les budgets de défense se réduisent.

"Je ne veux pas vous décevoir plus tard si je suis trop optimiste aujourd'hui et je ne veux pas vous décevoir aujourd'hui si je ne suis pas assez optimiste", a-t-il dit.

Résolument tourné vers les pays émergents, où il a engrangé un tiers de ses commandes en 2013 contre un quart en 2012, Thales pourrait bénéficier de la signature tant attendue de la méga-commande de Rafale par l'Inde et d'un contrat au Qatar pour l'avion de combat, développé par Dassault Aviation.

Thales réalise près d'un quart du Rafale qu'il équipe en radars, équipements de communication et de calculateurs.

Pour s'ancrer davantage dans l'aéronautique civile, Thales a récemment effectué une acquisition sur le marché prometteur du divertissement à bord des avions, en rachetant LiveTV, qui propose une solution pionnière de connexion wifi dans les avions de la compagnie américaine JetBlue.

Jean-Bernard Lévy s'est toutefois refusé à tout commentaire sur l'intérêt prêté à Thales pour la participation de 40% dans le spécialiste de la signalisation ferroviaire Ansaldo STS, que l'italien Finmeccanica cherche à vendre.

L'Etat est le premier actionnaire de Thales avec 27% du capital, devançant de peu Dassault Aviation qui a, lui, 26%.

(Cyril Altmeyer, édité par Jean-Michel Bélot)

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