Thales nomme Philippe Logak PDG par intérim

le
1
PHILIPPE LOGAK NOMMÉ PDG PAR INTÉRIM DE THALES
PHILIPPE LOGAK NOMMÉ PDG PAR INTÉRIM DE THALES

par Cyril Altmeyer

PARIS (Reuters) - Thales a confirmé jeudi la nomination du secrétaire général du groupe, Philippe Logak, au poste de PDG par intérim, le temps de trouver un successeur à Jean-Bernard Lévy, parti diriger EDF.

L'Etat et Dassault Aviation, qui détiennent respectivement 26,4% et 25,3% de l'équipementier d'aérospatiale et de défense, doivent se mettre d'accord sur les modalités de la succession de Jean-Bernard Lévy, dont la nomination à la tête d'EDF a été confirmée mercredi en conseil des ministres.

"Sur proposition de l'Etat et Dassault Aviation, le conseil d'administration a nommé Philippe Logak président-directeur général par intérim de Thales jusqu'à la décision définitive", dit le groupe dans un communiqué.

L'intérim à la tête de Thales est prévu pour durer au moins 15 jours et au maximum jusqu'à la fin de l'année, avait-on déclaré mercredi de source proche du dossier.

Le conseil d'administration, prévu à l'origine lundi, a été reporté à deux reprises, signe des difficultés des deux actionnaires principaux à se mettre d'accord sur la succession de Jean-Bernard Lévy depuis l'annonce de sa nomination chez EDF le 15 octobre, à la surprise de Dassault.

L'avionneur et l'Agence des participations de l'Etat (APE) se sont au moins accordés sur la nécessité d'un intérim pour prendre le temps de trouver la succession adéquate à Jean-Bernard Lévy, nommé il y a moins de deux ans fin 2012, six mois après avoir quitté la tête de Vivendi.

"L'APE a proposé le nom de Philippe Logak et la famille Dassault l'a accepté d'emblée", a-t-on déclaré de source proche du dossier.

"Il semblerait que le 'lien Vivendi' ait joué dans cette sélection, (le directeur général de l'APE) Régis Turrini et Philippe Logak se connaissant de longue date", a-t-on ajouté.

Ancien secrétaire général de SFR, filiale Vivendi alors dirigé par Jean-Bernard Lévy, Philippe Logak occupe ce même poste chez Thales depuis 2013. Il a démarré sa carrière en 1995 à la direction générale pour l'armement du ministère de la Défense.

"FILIERE VIVENDI"

Régis Turrini, nommé fin juillet à la tête de l'APE, a passé une douzaine d'années chez Vivendi, où il a notamment occupé le poste de responsable des fusions-acquisitions.

"De la même manière le lien entre Régis Turrini et Jean-Bernard Lévy avait clairement été établi pour EDF et c'était vrai aussi", a-t-on précisé de même source.

Il reste à savoir si le succès de la "filière Vivendi" se confirmera lors de la nomination du futur dirigeant attitré de Thales.

L'Etat est favorable à Patrice Caine, actuel numéro deux du groupe nommé par Jean-Bernard Lévy, tandis que Dassault préfèrerait dans ce cas de figure Pierre-Eric Pommellet, responsable des systèmes de mission de défense de Thales.

De même le choix d'un patron en interne ou en externe est au coeur des débats.

"Pour le moment rien n'est arrêté. L'Etat bataille pour un choix en interne, mais Dassault y est plutôt opposé", dit-on encore de même source.

La dissociation entre le poste de président et le directeur général paraît finalement écartée pour l'instant, mais reste une option possible, selon deux sources proches du dossier.

Ni Thales ni l'APE n'ont souhaité faire de commentaire. Personne n'était immédiat disponible chez Dassault et à Bercy.

La succession de Luc Vigneron, poussé vers la sortie sur fond de grogne interne, avait déjà donné lieu à d'âpres discussions entre l'Etat et Dassault Aviation, pour aboutir à un consensus, avec le choix de Jean-Bernard Lévy.

(Edité par Jean-Michel Bélot)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • d.e.s.t. le jeudi 27 nov 2014 à 13:50

    Grotesques, ces entreprises qui ne prévoient même pas des successeurs à leurs dirigeants! Pas de doute nous sommes bien en France!