Thales envisage des rachats dans la signalisation de trains

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THALES VEUT SE RENFORCER DANS LA SIGNALISATION FERROVIAIRE
THALES VEUT SE RENFORCER DANS LA SIGNALISATION FERROVIAIRE

par Cyril Altmeyer

PARIS (Reuters) - Le PDG de Thales a déclaré mercredi envisager des acquisitions pour renforcer son pôle de signalisation ferroviaire, l'un des secteurs d'activité d'Alstom, mais a précisé ne pas avoir été impliqué par Bercy sur l'avenir du groupe convoité par General Electric.

Alstom, fabricant d'équipements électriques et ferroviaires, qui suscite aussi l'intérêt de l'allemand Siemens, s'était déclaré mercredi dernier prêt à discuter d'une alliance dans la signalisation ferroviaire avec le groupe américain, déjà candidat au rachat de ses activités dans l'énergie.

Thales, présent dans l'aérospatiale, la défense et la sécurité et dont l'Etat est le premier actionnaire avec 27% du capital, affronte Alstom, Siemens et parfois aussi GE Transportation dans la signalisation ferroviaire, un secteur en croissance qui contribue à compenser la baisse des budgets militaires en Europe.

"La signalisation ferroviaire est une belle activité. Nous regardons les opportunités d'acquisitions dans ce domaine, comme dans d'autres d'ailleurs", a déclaré Jean-Bernard Lévy à Reuters à l'issue de l'assemblée générale annuelle des actionnaires.

La Lettre de l'Expansion évoquait lundi une démarche d'Arnaud Montebourg en direction de Thales et de Safran, afin de susciter une alternative à l'offre de GE sur Alstom.

"Nous ne sommes pas partie prenante dans ce dossier", a répondu Jean-Bernard Lévy à un actionnaire lors de l'AG. "Monsieur Montebourg n'a pas impliqué Thales dans les réflexions."

Le Journal du Dimanche avait de son côté évoqué la volonté de Bercy d'associer Safran, auquel il verrait bien Alstom vendre ses turbines. Le motoriste, dont l'Etat détient 22%, s'est refusé à tout commentaire. "(Arnaud) Montebourg ne veut pas lâcher l'affaire. Il fait le tour des groupes français. Les coups de fil avec Bercy sont fréquents", a-t-on dit à Reuters de source industrielle.

UNE ACTIVITÉ GÉNÉRATRICE DE CONTRATS POUR THALES

Alstom a officialisé fin avril un projet de vente à GE de ses activités dans l'énergie pour 12,35 milliards d'euros en numéraire, en se donnant un mois pour examiner l'offre ferme du groupe américain et sans exclure une contre-offensive de Siemens, auteur jusqu'ici d'une simple déclaration d'intention.

La numéro trois du gouvernement, Ségolène Royal, ministre de l'Ecologie déclare de son côté dans Paris Match à paraître jeudi que l'offre de GE "une très bonne opportunité" pour Alstom, semblant ainsi prendre ses distances avec Bercy. Jean-Bernard Lévy avait dit à Reuters début avril qu'il n'avait pas l'intention de céder son pôle de signalisation ferroviaire, qui a légèrement augmenté son chiffre d'affaires en 2013 à la faveur deux commandes supérieures à 100 millions d'euros chacune, en Afrique du Sud et en Égypte.

Le groupe ne communique pas la part de la signalisation du groupe au sein du pôle transport, dont le chiffre d'affaires a reculé de 4% à 1,48 milliard d'euros - soit 10% des ventes du groupe - avec une marge opérationnelle de 6,5%.

Thales, qui commercialise des systèmes de signalisation pour les trains, des métros et des tramways, concurrence également le canadien Bombardier, ainsi que l'italien Ansaldo STS, mis en vente par Finmeccanica

Jean-Bernard Lévy s'est donné pour objectif d'accroître la taille de l'équipementier, comptant sur des acquisitions dans des secteurs civils sur les marchés émergents tout en espérant raviver la croissance organique du groupe, dans un contexte particulièrement incertain dans la défense.

(Edité par Jean-Michel Bélot)

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