Thaïlande : le riz thaï va-t-il faire tomber le pouvoir ?

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Une rizicultrice thaïlandaise scande des slogans antigouvernementaux à Bangkok, le 17 février dernier.
Une rizicultrice thaïlandaise scande des slogans antigouvernementaux à Bangkok, le 17 février dernier.

Si les dizaines de milliers de manifestants thaïlandais n'ont pas réussi en quatre mois à obtenir la tête de la Premier ministre, ils pourraient toutefois parvenir à leurs fins grâce à une rocambolesque affaire de grains de riz. Yingluck Shinawatra comparaît jeudi devant une Commission anticorruption pour "négligence de son devoir". En ligne de mire de cet organe judiciaire officiellement "neutre", son programme controversé d'aide aux riziculteurs, grâce auquel l'État leur a acheté leur récolte à 50 % au-dessus du prix du marché. Cette promesse électorale, volontiers "populiste" selon ses opposants, avait permis à la patronne du Pheu Thai, le parti "progressiste" au pouvoir, de remporter haut la main les législatives de juillet 2011, 65 % de la population résidant dans les zones rurales. "Ce programme, très critiqué par la Banque mondiale, a été considéré comme un achat de voix des paysans", affirme David Camroux, maître de conférences au Centre d'études et de recherches internationales (CERI) de Sciences po.10 milliards d'euros de perte Or, si la promesse a été respectée, elle s'est révélée dévastatrice pour le budget de l'État. Car si le riz thaïlandais, reconnu pour sa qualité unique, était le premier exporté au monde en 2011, il est depuis retombé à la troisième place, la faute à un grain jugé trop cher face aux exportations massives des concurrents indiens et vietnamiens. Dès lors, le gouvernement s'est retrouvé avec...

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