Thaïlande: le nom du nouveau roi soumis au Parlement

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Le nouveau roi de Thaïlande, Maha Vajiralongkorn, fils du roi défunt, le 13 mai 2015 à Bangkok ( AFP/Archives / Pornchai KITTIWONGSAKUL )
Le nouveau roi de Thaïlande, Maha Vajiralongkorn, fils du roi défunt, le 13 mai 2015 à Bangkok ( AFP/Archives / Pornchai KITTIWONGSAKUL )

Le nom du nouveau roi de Thaïlande, Maha Vajiralongkorn, fils du roi défunt, a été soumis mardi au Parlement, après des semaines de flottement ayant suscité toutes les inquiétudes.

"La procédure de proclamation du nouveau roi a abouti", a annoncé le vice-Premier ministre Prawit Wongsuwon à l'issue d'un conseil des ministres très attendu, un mois et demi après la mort du précédent roi.

Le prince Maha Vajiralongkorn reste cependant invisible depuis une courte visite en Thaïlande mi-novembre.

Et les analystes évoquent, sous couvert de l'anonymat, la nervosité du palais et du gouvernement militaire face à son "imprévisibilité", qui se confirme avec le fait qu'il n'est toujours pas de retour d'Allemagne.

Le protocole veut que le gouvernement militaire soumette, malgré son absence, son nom au Parlement.

Le nouveau roi de Thaïlande, Maha Vajiralongkorn, lors des cérémonies d'hommage au roi défunt
Le nouveau roi de Thaïlande, Maha Vajiralongkorn, lors des cérémonies d'hommage au roi défunt Bhumibol Adulyadej, le 23 octobre 2016 à Bangkok ( Thai Royal Bureau/AFP/Archives / Handout )

Le président de l'Assemblée doit ensuite formellement inviter le prince à devenir roi, avant de le proclamer souverain.

"Le président de l'Assemblée nationale pourrait se voir accorder une audience royale" mercredi ou jeudi, a ajouté le général Prawit, également ministre de la Défense au sein de ce gouvernement militaire en place depuis un coup d'Etat réalisé en 2014 au nom de la protection de la monarchie.

Une source militaire évoque la date de jeudi 1er décembre pour cette audience royale.

Le prince héritier, militaire de formation de 64 ans, se trouve en Allemagne, où il réside la plupart du temps, selon une source militaire.

Depuis des semaines, la date de sa montée sur le trône fait l'objet de toutes les spéculations. Celles-ci ne sont pas évoquées publiquement, en raison d'une loi de lèse-majesté très stricte menaçant de prison toute critique de la famille royale.

- Loyauté -

La famille royale thaïlandaise
La famille royale thaïlandaise ( AFP / Gal ROMA, Laurence CHU )

Alors que les doutes sur la personnalité du prince héritier s'expriment à mots couverts, une journée d'allégeance à la monarchie, dite du "pouvoir de la loyauté", a été organisée la semaine dernière à travers tout le royaume, réunissant des dizaines de milliers de fonctionnaires, employés de banques, écoliers, et même stars de la téléréalité.

"Nous resterons loyaux envers tous les rois de la dynastie des Chakri jusqu'à notre mort", avait déclaré le chef de la junte, le général Prayut Chan-O-Cha, lors d'une grande cérémonie télévisée.

Objet d'un intense culte de la personnalité depuis des décennies, son père le roi Bhumibol Adulyadej était largement considéré comme le ciment d'une nation très divisée. Et son fils, dont les Thaïlandais commentent sous le manteau la vie privée tumultueuse, est loin d'avoir atteint sa popularité.

Jusqu'ici la régence a été assurée par le plus influent des conseillers royaux, Prem Tinsulanonda, âgé de 96 ans, chef de file de la vieille garde conservatrice, qui devrait rester puissante si le prince décidait de régner à distance, depuis l'Allemagne.

La vieille garde a pour bête noire l'ex-Premier ministre Thaksin Shinawatra et sa sœur Yingluck, dont le gouvernement a été renversé en 2014, au milieu des rumeurs de possibles liens entre Thaksin et le prince.

La cérémonie de couronnement pourrait n'intervenir que dans un an, après la crémation du corps de son père, Bhumibol Adulyadej, décédé le 13 octobre à 88 ans.

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