Thaïlande contre Thaïlande

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Les chemises jaunes, des manifestants antigouvernementaux, font face aux forces antiémeutes à Bangkok, le lundi 25 novembre.
Les chemises jaunes, des manifestants antigouvernementaux, font face aux forces antiémeutes à Bangkok, le lundi 25 novembre.

Des ministères pris d'assaut à Bangkok, une fronde qui s'étend désormais à d'autres villes du pays, la Thaïlande est-elle sur le point de sombrer dans le chaos ? Après des semaines de mobilisation, des dizaines de milliers d'opposants ont investi depuis dimanche le coeur de la capitale thaïlandaise pour réclamer la chute du gouvernement progressiste de Yingluck Shinawatra. On les appelle les "chemises jaunes" : ces partisans de la monarchie, soutenus par les militaires, luttent pour le retour au pouvoir de l'utra-royaliste et conservateur Parti démocrate.

"Il s'agit de classes moyennes et supérieures de Bangkok et des grandes villes du pays", explique François Raillon, directeur du centre Asie du Sud-Est de l'École des hautes études en sciences sociales (EHESS). "Formant une minorité de la population - de 14 à 15 millions sur 65 millions de Thaïlandais -, ils ont la mainmise sur l'économie du pays." Alors pourquoi diable ont-ils investi la rue ? À Bangkok et ailleurs, un seul nom cristallise la haine des manifestants : Thaksin Shinawatra, ex-Premier ministre élu en 2001 et renversé par un coup d'État militaire en 2006.

"La foule va détruire Thaksin"

L'hypothèse d'un retour du milliardaire contraint à l'exil a mis le feu aux poudres. "La foule va détruire Thaksin. La démocratie de Thaksin est corrompue, elle est finie", lance au milieu de la foule occupant le ministère des Finances Thonhpol Kasburana, un fonctionnaire de 52 ans venu du...

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