TGI de Paris: le chantier prend plus de retard

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Si la construction de cette tour de 160 m reprend, ce ne sera pas avant mars 2014. Du coup, au mieux, ce bâtiment sera livré mi 2017 et pas fin 2016 comme prévu.

Le nouveau Palais de justice de Paris, qui doit être construit par Bouygues aux Batignolles, dans le XVIIe arrondissement de Paris, sortira-t-il un jour de terre? Cette tour de 160 m conçue par l'architecte star Renzo Piano accueillera-t-elle le tribunal de grande instance comme prévu fin novembre 2016? En tous cas, la partie est très mal engagée. Le groupe de BTP qui avait entamé les travaux en juin les a arrêtés fin juillet; le chantier est toujours au point mort. Les plus optimistes tablent sur un redémarrage au printemps. Ce bâtiment qui doit accueillir 9000 personnes par jour serait alors livré mi 2017 avec sept mois de retard. Mais, aujourd'hui, personne ne peut être sûr d'un redémarrage aussi rapide. Et le TGI de Paris installé dans l'île de la Cité ne semble pas près de déménager. Un sacré gâchis pour un PPP (partenariat-public-privé) d'un milliard d'euros remporté par Bouygues qui doit construire puis entretenir ce gratte-ciel pendant 27 ans.

À l'origine de cet imbroglio, il y a une affaire de gros sous. Pour mener à bien ces travaux, la major du BTP a contracté de gros emprunts. Or les banques ne veulent pas débloquer les fonds à cause d'un recours contre le contrat de partenariat déposé par des avocats en colère réunis dans l'association «La justice dans la cité». Elles craignent de perdre leur argent si le contrat de partenariat était annulé par la justice. Et, ces derniers mois, ni l'État, ni Bouygues n'ont accepté de donner leur garantie pour tranquilliser les banquiers.

Audience devant la cour d'appel prévue mi janvier

L'affaire paraît ridicule car, selon les juristes, le risque de voir le contrat de partenariat-publié-privé annulé est faible. Ce recours a été débouté en première instance en mai 2013. Selon nos informations, une audience devant la cour d'appel est prévue mi janvier. Avec un arrêt attendu trois semaines à un mois plus tard. Si le recours est une nouvelle fois débouté, le marathon juridique ne sera pas terminé car, selon toute vraisemblance, «La justice dans la Cité» portera l'affaire en cassation. En attendant les banquiers ne débloqueront pas les fonds. Bouygues acceptera-t-il lui de prendre le risque de reprendre les travaux? Interrogé à ce sujet, le major du BTP ne répond pas à la question. On peut supposer néanmoins que le groupe prenne ce risque très minime.

Mais, avant de redébuter le chantier, il demanderait forcément à ce que la date de livraison soit décalée de sept mois, pour ne pas être plombé par des pénalités de retard. Et il voudrait aussi que l'État prenne à sa charge les frais financiers liés à l'interruption du chantier pendant sept mois, soit une dizaine de millions. «Si le redémarrage du chantier a lieu rapidement, nous n'excluons pas de reporter la date de livraison de quelques semaines», affirme Jean-Pierre Weiss, directeur général de l'EPPPJP (Établissement public du Palais de justice de Paris), chargé par l'État de gérer ce projet. On voit bien que les deux points de vue sont loin d'être semblables, ce qui donnera lieu, au minimum à des discussions longues et compliquées. Les avocats qui ne veulent pas quitter l'île de la Cité ont au moins gagné quelques mois de répit... si ce n'est plus.

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  • uraniu88 le samedi 21 déc 2013 à 18:50

    La justice c'est de la ma.irde

  • lorant21 le samedi 21 déc 2013 à 10:02

    quelques centaine de millions de perdus à cause de quelques avocats qui ne veulent pas quitter le 4ième? jugement, appel, cassation.. le cirque de la justice. Et on s'étonne que les français n'aient plus confiance dans leurs zélites.. Elites? non, derrière ce mot on trouve surtout des profiteurs de l'argent du contribuable!