TF1 appelle le CSA à encadrer les ambitions de Canal en clair

le
0
TF1 REDOUTE L'ARRIVÉE DE CANAL + SUR LA TÉLÉVISION GRATUITE
TF1 REDOUTE L'ARRIVÉE DE CANAL + SUR LA TÉLÉVISION GRATUITE

par Gwénaëlle Barzic

PARIS (Reuters) - Le PDG de TF1 Nonce Paolini a appelé mardi le CSA à encadrer sévèrement l'arrivée sur la télévision gratuite du numéro un du payant en France Canal+ qui risque selon lui de menacer l'équilibre du marché en clair.

Le gendarme de l'audiovisuel doit rendre prochainement son avis sur le projet de rachat par la filiale de Vivendi des chaînes Direct 8 et Direct Star de Bolloré qui a déjà reçu le feu vert de l'Autorité de la concurrence assorti d'une série de conditions.

Il s'agit de mesures utiles mais pas suffisantes, a estimé le PDG de la filiale du groupe Bouygues qui a soumis comme d'autres acteurs de la télévision gratuite une série de propositions au Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) en vue de limiter les risques que posent à leurs yeux l'irruption de la chaîne cryptée dans l'univers du gratuit.

Ils redoutent notamment de devoir partager avec ce nouveau concurrent un gâteau publicitaire qui stagne depuis 2007. Ils craignent également que Canal+ n'utilise sa position dominante dans le payant pour peser de tout son poids dans le monde du gratuit et notamment dans ses relations avec les producteurs de contenus.

"Je crois que le CSA a une responsabilité historique que de faire en sorte que les engagements pris par Canal soient à la hauteur de ce que Canal représente aujourd'hui comme puissance financière", a expliqué Nonce Paolini lors d'une rencontre avec la presse.

Rappelant que le résultat opérationnel de Canal+ était supérieur à celui de TF1 et M6 réunis, il redoute en particulier que la chaîne n'utilise sa puissance de feu financière et sa double casquette gratuit-payant pour chiper à ses concurrents les programmes phares américains qui font leurs succès d'audience.

PAS D'AMÉLIORATION DU MARCHÉ PUB

"Nous ne sommes pas à armes égales et (...) cela peut créer des dégâts considérables sur le marché en clair", a estimé le PDG de TF1, en soulignant que TF1, M6 et les chaînes du service public assuraient aujourd'hui 75% du financement de la création française.

"Canal doit être formidablement encadré et c'est le rôle du CSA que d'y veiller", a-t-il ajouté, en faisant valoir que le CSA avait par le passé imposé des conditions drastiques à TF1 pour le rachat des chaînes TMC et NT1.

Le CSA n'a pas encore communiqué officiellement la date à laquelle il annoncerait sa décision attendue avant la fin septembre.

L'arrivée programmée de Canal+ sur le marché de la télévision gratuite intervient dans un contexte publicitaire morose sur fond de conjoncture économique difficile.

Nonce Paolini a indiqué que TF1 n'avait pas constaté d'amélioration de la tendance du marché publicitaire par rapport au premier semestre, marqué par une baisse de 5,9% des recettes publicitaires de sa chaîne vedette.

Dans ce contexte difficile, le groupe a engagé une deuxième vague de réductions de coûts après un premier plan mis en place en 2008 qui avait permis de générer 150 millions d'euros d'économies.

TF1 a notamment décidé un gel des recrutements non-essentiels et un non-remplacement des départs, comptant sur le "turn over" naturel de ses salariés, qui sont entre 250 et 300 à quitter la société chaque année, pour réduire sa masse salariale.

Aucun plan de départs n'est en revanche à l'ordre du jour, a réaffirmé Nonce Paolini, à l'exception de la filiale déficitaire TF1 Vidéo, qui a engagé un plan de sauvegarde de l'emploi face à l'effondrement du marché de la location de DVD.

Edité par Matthieu Protard

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant