Tests antidrogue : « Un outil à manier très délicatement »

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Tests antidrogue : « Un outil à manier très délicatement »
Tests antidrogue : « Un outil à manier très délicatement »

Pascal Hachet travaille depuis vingt-cinq ans auprès d'adolescents et de parents. Auteur de « Ces ados qui fument des joints » (Editions Erès, 2014, 13 €), il se dit sceptique quant au rôle des tests de dépistage du cannabis.

A leur apparition il y a cinq ans, vous étiez opposé à ces tests...

Pascal Hachet. Nous étions alors de nombreux professionnels à les considérer comme éthiquement inadmissibles. Nous craignions qu'ils ne deviennent un outil de contrôle social. Cela n'a pas été le cas, notamment car il est impossible d'y soumettre quelqu'un à son insu. Au final, cette guerre de Troie n'a pas eu lieu.

Leurs fabricants revendiquent des dizaines de milliers de ventes annuelles aux particuliers...

Comparé aux 550 000 Français qui fument au moins un joint par jour, soit près de 200 millions à l'année, ce chiffre est dérisoire. Pour moi, ces tests n'ont pas trouvé leur marché.

Tester un ado ne présente-t-il pas des avantages ?

De plus en plus de mineurs ont une dépendance psychologique au cannabis. Cette consommation ne fait pas bon ménage avec la scolarité. Le test peut avoir un rôle de juge de paix. Il peut aussi responsabiliser un ado. Mais il doit être manié très délicatement, comme un outil de la dernière chance. Son seul véritable intérêt, c'est quand quelqu'un veut savoir s'il est positif ou non au moment de passer un concours ou un entretien d'embauche pour un poste spécifique.

Quels sont ses inconvénients ?

Sa mise en œuvre anéantit la résolution du problème par la discussion, ainsi que le rapport de force dont l'ado a besoin pour se confronter à l'adulte. J'ai déjà rencontré des familles qui l'utilisaient, et ces personnes m'ont laissé perplexe, comme si tout conflit avait été gommé, ce qui n'est pas sain. Paradoxalement, il y a même des cas où c'est l'adolescent qui le demande pour rassurer des parents paranos qui ne le seront jamais tout à fait.

Comment lutter, alors, contre ...

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