Terrorisme-Valls évoque une guerre de civilisations

le , mis à jour à 14:04
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(Actualisé avec nouvelles citations) PARIS, 28 juin (Reuters) - La lutte contre le terrorisme islamiste est une guerre de civilisation mais n'est ni une guerre contre l'islam, ni une guerre entre l'Occident et le reste du monde, a déclaré dimanche le Premier ministre français Manuel Valls. Deux jours après l'attentat commis à Saint-Quentin Fallavier, où un homme a tenté de faire exploser une usine de produits gaziers et chimiques après avoir assassiné son patron dont le corps a été retrouvé décapité, Manuel Valls a rappelé que la menace terroriste était "constante". "Nous vivons sous une menace terroriste majeure et nous devons savoir que nous devons combattre, nous allons combattre cette menace terroriste dans la durée", a dit le Premier ministre au Grand Rendez-Vous Europe 1-iTELE-Le Monde. "J'ai dit (en janvier) que nous étions confrontés à une guerre, à une guerre contre le terrorisme, contre l'islamisme radical, contre le djihadisme", a-t-il ajouté. "Nous ne pouvons pas perdre cette guerre parce que c'est, au fond, une guerre de civilisation. C'est nos valeurs, notre société, nos civilisations que nous défendons", a encore dit Manuel Valls. Il s'est toutefois défendu d'en faire une opposition entre régions ou entre religions, soulignant à plusieurs reprises que les principales victimes du terrorisme étaient les musulmans, notamment au Proche-Orient où l'Etat islamique est très actif en Irak et en Syrie. "Il y a une volonté de Daech de s'attaquer à nos valeurs. A l'Occident non, je rappelle que les premières victimes de Daech dans le monde, ce sont les musulmans", a-t-il dit. Il a aussi réitéré les propos tenus dans le Journal du Dimanche auquel il disait : "La bataille se situe au sein même de l'islam avec, d'un côté, un islam pratiqué par l'immense majorité de nos compatriotes de confession musulmane qui revendiquent des valeurs humanistes universelles et, de l'autre, un islamisme obscurantiste et totalitaire." Selon le Premier ministre, il y aurait à ce jour en France entre 10.000 et 15.000 salafistes, les tenants d'un islam particulièrement rigoriste. "C'est souvent l'antichambre de la radicalisation, du terrorisme", a-t-il prévenu. Rappelant que 5.000 Européens environ avaient rejoint l'Etat islamique en Irak et en Syrie, il a prévenu que le phénomène risquait de s'amplifier encore malgré la surveillance des potentiels candidats au départ. "Nos services considèrent qu'à la fin de l'année, il pourrait y avoir 10.000 Européens engagés dans les rangs de Daech", a-t-il dit. En France, sur les quelque 1.800 personnes recensées pour des liens plus ou moins étroits avec les filières djihadistes, "608 ont manifesté des velléités de départ", a-t-il souligné. "Ce phénomène est incroyablement puissant." Dans le JDD, Manuel Valls estime encore que chez beaucoup de Français, la peur a remplacé l'émotion qui prévalait après les attentats de janvier. Mais, observant que "polémiques et divisions nous affaiblissent", il les invite à se montrer "unis et rassemblés". (Grégory Blachier, avec Henri-Pierre André)

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