Terrorisme-Paris et Ankara renforcent leur coopération

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(Actualisé avec conférence de presse) ANKARA, 26 septembre (Reuters) - La France et la Turquie sont convenues vendredi de nouvelles mesures pour améliorer le suivi et le rapatriement des ressortissants français arrêtés sur le sol turc à la suite de l'interpellation ratée de trois présumés djihadistes français. Après l'imbroglio de mardi, le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, avait décidé de se rendre à Ankara afin de renforcer la communication sur "le retour des ressortissants français qui sont en centre de rétention administrative au titre d'infractions au droit au séjour en Turquie et qui sont expulsés par les autorités turques conformément au droit turc vers le territoire français". Trois hommes expulsés de Turquie, dont le beau-frère de Mohamed Merah, qui avait tué en 2012 sept personnes à Toulouse et Montauban avant d'être abattu par la police, avaient atterri mardi à Marseille sans être interpellés par les forces de l'ordre, alors qu'ils étaient attendus à Paris pour y être arrêtés. ID:nL6N0RP1L4 Bernard Cazeneuve a souligné vendredi que les autorités turques n'avaient pas averti la France du changement d'avion. Les trois présumés djihadistes se sont rendus mercredi à la gendarmerie et sont actuellement entendus par les services. "Je ne suis pas venu ici pour demander des comptes, je ne suis pas venu ici pour accuser", a déclaré le ministre français lors d'une conférence de presse. Saluant la "solidité" des relations franco-turques, il a justifié "des ajustements nécessaires" au regard de la menace terroriste actuelle. Ainsi, les services de sécurité turcs signaleront dorénavant systématiquement aux autorités françaises les ressortissants français identifiés à la frontière turco-syrienne. PRÉAVIS AVANT TOUTE EXPULSION L'identité de tous les Français placés en centre de rétention sera signalée "en continu" à la France. "Lorsque le retour intervient, un préavis de quelques jours sera donné", a précisé Bernard Cazeneuve. Des policiers français seront chargés de l'accompagnement des ressortissants expulsés "de manière à nous assurer de leur départ au moment de l'embarquement", a dit le ministre. "Ces dispositions (...) doivent permettre de maîtriser totalement le processus de retour", a estimé Bernard Cazeneuve. Ce dernier a invité son homologue turc Efkan Ala à participer à une réunion avec les ministres de l'Intérieur de l'Union européenne le 6 novembre prochain pour débattre de la lutte contre le terrorisme. "La menace qui pèse sur la France est réelle. (...) Il existe un risque potentiel réel", a souligné Bernard Cazeneuve. La délégation parlementaire au renseignement (DPR) a dédouané jeudi les services de sécurité français. Cette instance spécialisée, constituée de députés et de sénateurs, a entendu le directeur central de la police aux frontières, David Skuli, et le directeur général de la sécurité intérieure, Patrick Calvar. "Au vu des informations obtenues, la délégation ne conclut pas à un dysfonctionnement de nos services", déclare-t-elle dans un communiqué. Elle soulignait "l'impérieuse nécessité" d'améliorer les échanges d'information avec les services étrangers et de mettre en place le plus rapidement possible le système de traitement des données passagers (PNR) prévu par la loi de programmation militaire de décembre 2013. Selon la délégation, c'est l'absence de ce système qui explique en grande partie le cafouillage de mardi. (Gülsen Solaker et Dasha Afanasieva, édité par Sophie Louet)

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