Terrorisme : l'inquiétude s'installe à son plus haut niveau

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Des policiers dans les rues de Lille, le 14 juin.
Des policiers dans les rues de Lille, le 14 juin.

Après plusieurs annulations de festivités, la plus grande braderie de Lille a été suspendue. Dans un contexte de risque d’attentats élevé, le principe de précaution se généralise en France.

C’est une institution vieille de plusieurs siècles, un symbole de fête, de tradition populaire. Désormais, c’est aussi le symbole de la menace, et du terrain qu’elle a gagné. La plus grande brocante d’Europe, qui se tient chaque année à Lille le premier week-end de septembre, a été annulée. Avec plus de deux millions de visiteurs en moyenne et quelque 10 000 exposants sur 100 kilomètres d’étals, la braderie de Lille est la plus grosse manifestation qui se trouve contrainte de céder devant le risque terroriste.

Lors d’une conférence de presse, vendredi 5 août, Martine Aubry, la maire PS de la ville, a fait part de cette « décision douloureuse » : « C’est une responsabilité morale, c’est un déchirement, je suis bouleversée », a t-elle déclaré. A ses côtés, le préfet du Nord, Michel Lalande – qui était directeur de cabinet du ministre de l’intérieur jusqu’au mois de mai –, a renchéri :

« La sécurisation dans un contexte terroriste est impossible à tenir. On ne renonce pas face au terrorisme. La passion est nécessaire, mais la raison est encore plus indispensable. Je préfère affronter la colère de ceux qui perdent une référence, peut-être de l’argent, qu’affronter la colère de ceux qui perdraient un enfant. » Il aura fallu près de trois semaines pour que chemine et aboutisse ce renoncement. Le 15 juillet, au lendemain de l’attentat de Nice, lorsque le ministre de l’intérieur, Bernard Cazeneuve, contacte Martine Aubry par téléphone, le scénario d’une annulation est imaginé pou...

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