Tentative de suicide d'un prêtre : «Ils manquent de lieux pour parler»

le , mis à jour à 09:25
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Tentative de suicide d'un prêtre : «Ils manquent de lieux pour parler»
Tentative de suicide d'un prêtre : «Ils manquent de lieux pour parler»

Auteur du livre « Des vies restaurées » aux Editions du Cerf, Anne-Marie Saunal est une psychologue clinicienne et psychanalyste qui a la foi. Elle reçoit parfois dans son cabinet des religieux et religieuses, d'anciens séminaristes...

 

Comment un prêtre peut-il vouloir mettre fin à ses jours ?

Anne-Marie Saunal. C'est un geste de grand désespoir, le résultat d'une grande solitude. Même lorsqu'on a la foi, on n'est pas épargné par les épreuves. Les prêtres souffrent comme les autres êtres humains, ils sont idéalisés mais ils sont faits du même bois, de la même pâte humaine que nous. Ils peuvent se retrouver dans une situation qu'ils jugent sans issue. A la campagne, ils sont parfois très isolés, débordés de travail, ils manquent de lieux pour parler.

 

Une dépression est-elle plus dure à « assumer » quand on est prêtre ?

Certainement. Il se dit qu'il devrait aller bien. Il a la vocation, il voudrait être parfait. Certains n'osent pas parler de leurs soucis à leurs paroissiens, c'est plutôt le contraire qui est attendu. Le prêtre donne beaucoup, c'est vers lui que les fidèles vont se confesser. Il est parfois tellement dans l'aide qu'il ne peut plus se ressourcer et il sature. Les paroissiens, eux, n'osent pas lui proposer de l'écouter et donc d'inverser les rôles.

 

Pour quelles raisons des hommes et des femmes d'Eglise viennent-ils vous consulter ?

Il peut y avoir des problèmes de communication entre religieux. Il est parfois compliqué de vivre 24 heures sur 24 en communauté s'il y a des petites fragilités de caractère. Certains ont des difficultés avec l'autorité, avec un supérieur. J'ai aussi suivi une religieuse qui avait vécu en mission en Afrique, où les relations humaines étaient très fortes. Elle n'arrivait pas à se remettre de son retour en France, elle était déprimée. J'ai rencontré des séminaristes qui ont arrêté en cours de route, on leur a fait comprendre que ce ...

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