Tensions syndicales sur PSA Aulnay

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DISSENSIONS ENTRE LES SYNDICATS SUR LA STRATÉGIE À SUIVRE À AULNAY
DISSENSIONS ENTRE LES SYNDICATS SUR LA STRATÉGIE À SUIVRE À AULNAY

par Gilles Guillaume

PARIS (Reuters) - PSA Peugeot Citroën a réuni vendredi un comité central d'entreprise marqué par des dissensions entre les syndicats sur la stratégie à suivre à Aulnay, sur fond de nouvelle chute du marché automobile en France en janvier.

Le site de Seine-Saint-Denis, voué à la fermeture en 2014, est le théâtre depuis le début de la semaine de heurts entre certains grévistes et les non-grévistes. Selon la direction du site, environ 200 personnes avaient cessé le travail vendredi, sur un effectif de 3.000 et la production se poursuivait au compte-gouttes.

"Pour tenter d'apaiser la situation sur place, on a demandé pour les salariés d'Aulnay qui le souhaitent le déblocage anticipé de mobilités temporaires sur Poissy", a expliqué au téléphone Franck Don, représentant CFTC chez PSA à l'issue du CCE. "Au début nous n'y étions pas favorables, mais la situation à Aulnay est trop explosive."

Cette demande, émanant également de la CFE-CGC et de Force Ouvrière, sera abordée lors d'un autre CCE qui devrait être convoqué rapidement, a ajouté Franck Don.

Aucun commentaire n'a pu être obtenu dans l'immédiat auprès des autres organisations syndicales, CGT, CFDT et SIA.

Dans le cadre de son plan social, PSA compte reclasser 1.500 salariés d'Aulnay sur le site voisin de Poissy (Yvelines), et proposer aux autres un emploi dans d'autres entreprises de la localité. Le plan doit théoriquement entrer en vigueur après négociations avec les syndicats et consultation des salariés de deux sites de la filiale Faurecia.

"On a toujours la difficulté de gérer deux droits qui sont fondamentaux et qui sont indissociables, le droit de grève et le droit à la liberté du travail", a déclaré Frédéric Saint-Geours, directeur des Marques, vendredi matin sur France Inter.

"Vouloir gérer ces deux droits par la violence, ce n'est pas tolérable, or ce qui se passe à Aulnay, c'est ça. Il y a un certain nombre de gens très minoritaires (...) qui empêchent l'usine de tourner normalement."

Les négociations sur le plan social, notamment sur les conditions techniques et financières des mobilités et départs, doivent se poursuivre mardi prochain.

Renault reprendra le même jour les discussions sur l'accord de compétitivité qu'il propose à ses syndicats. Le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg a invité implicitement vendredi les organisations syndicales à signer cet accord en jugeant les efforts demandés aux salariés "modérés".

RENAULT RÉSISTE MIEUX EN JANVIER

Les deux constructeurs français tentent de s'adapter à un marché automobile en berne depuis la fin 2011, et les derniers chiffres des immatriculations de voitures neuves en France ont montré que cette faiblesse avait continué en 2013.

Selon le Comité des constructeurs français d'automobiles (CCFA), les immatriculations sont tombées en janvier à leur plus bas niveau en 16 ans, avec une nouvelle chute de 15% à 124.952 unités.

Il faut remonter à janvier 1997 pour retrouver un volume plus faible (122.320 voitures).

"On a enregistré des volumes très faibles au début du mois, qu'on peut expliquer en partie par un phénomène de déstockage en décembre", a commenté François Roudier, porte-parole du CCFA. "Mais la demande reste très faible sur les modèles de moyenne taille et sur les petites voitures à grand volume, mis à part pour des nouveautés comme Peugeot 208 ou Renault Clio."

Le CCFA a jugé prématuré d'évoquer une prévision chiffrée pour 2013, tant les perspectives du marché sont incertaines. Il estime pour l'heure que le marché restera au mieux stable sur l'année. D'autres professionnels tablent sur une baisse de 2 à 5%.

En 2012, le marché automobile français a reculé de 13,9% à 1,9 million d'unités, son plus bas niveau en quinze ans.

Contrairement à 2012, les Français ont mieux résisté le mois dernier, avec une baisse de 12,9% en moyenne contre -17,4% pour les constructeurs étrangers. Cette performance est imputable au groupe Renault (-7,4%), tandis que PSA Peugeot Citroën a trébuché de 16,7%.

Après plusieurs mois de chute de ses ventes, la marque Renault a limité sa baisse en janvier à 12%, tandis que la marque low cost du groupe, Dacia, a vu ses immatriculations augmenter de 9,9%

Peugeot et Citroën, les deux marques de PSA, ont reculé en revanche de 16,1 et 17,4% respectivement.

Volkswagen, rare généraliste à tirer jusqu'ici son épingle du jeu, a enregistré lui une chute en janvier de 23,9%. Cette contre-performance s'explique en partie par un comparatif défavorable: en janvier 2012, le groupe allemand avait bondi de 18,2% alors que la plupart des marques accusaient des baisses. Pour les Français, la chute ce mois-là avait atteint 30% environ.

Edité par Matthieu Protard

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  • utopies le vendredi 1 fév 2013 à 14:24

    Ne pas oublier de préciser que ceux qui empêchent les autres de travailler, donc d'être rémunèrés normalement, seront eux payés : ils agissent sous couvert de leur mandat, et ne sont donc pas grévistes.