Tensions à la tête de Vivendi au sujet de la gouvernance

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BOLLORÉ SERAIT CANDIDAT À LA PRÉSIDENCE DU DIRECTOIRE DE VIVENDI
BOLLORÉ SERAIT CANDIDAT À LA PRÉSIDENCE DU DIRECTOIRE DE VIVENDI

par Yann Le Guernigou et Gwénaëlle Barzic

PARIS (Reuters) - Des tensions sont apparues entre les deux hommes forts de Vivendi, le président du conseil de surveillance Jean-René Fourtou et son premier actionnaire Vincent Bolloré, concernant le choix du nouveau dirigeant du groupe, a-t-on appris dimanche de source au fait du dossier.

Face à ces désaccords, l'industriel breton, principal actionnaire du conglomérat dont il détient environ 5% du capital, a laissé entendre qu'il pourrait présenter sa propre candidature pour la présidence du directoire, a-t-on dit de même source, confirmant des informations rapportées samedi par Les Echos et BFM TV.

Le groupe de médias et de télécoms, qui a engagé depuis plus d'un an une vaste recomposition de son portefeuille pour tenter de redresser son cours de Bourse, s'est mis en quête d'un remplaçant pour succéder à Jean-François Dubos, président du directoire à titre intérimaire depuis le départ brutal de Jean-Bernard Lévy en juin 2012.

Selon la source au fait du dossier, Jean-René Fourtou, aux manettes du groupe depuis le départ de Jean-Bernard Lévy, a engagé un cabinet de recrutement dont les faveurs se seraient portés sur Thomas Rabe, dirigeant du groupe de médias allemand Bertelsmann, un choix qui ne convainc pas Vincent Bolloré.

Thomas Rabe a un parcours plus financier qu'opérationnel, a détaillé la source pour expliquer les réticences du dirigeant du groupe Bolloré, ajoutant qu'il était habituellement d'usage d'examiner plusieurs candidatures pour un poste d'un tel niveau, et notamment des candidatures internes.

Au-delà du candidat lui-même, c'est le déroulement du processus de recrutement qui ne satisfait pas l'entrepreneur, entré au conseil de surveillance de Vivendi en décembre dernier et qui s'est par le passé illustré par des coups en Bourse.

BOITE DE PANDORE

"Pourquoi maintenant ? Quelle urgence ? Sans définir d'abord une nouvelle gouvernance ni décider d'une stratégie future", ajoute la source, soulignant que le mandat qui avait été donné à Jean-René Fourtou consistait à solder le passé du groupe et non engager son avenir.

Vivendi n'a pas souhaité faire de commentaires sur ces informations.

Il y a un processus en cours qui est confidentiel et qui prendra du temps, a-t-on seulement précisé au sein du groupe.

Une réunion du comité de nominations, dont Vincent Bolloré est l'un des membres, devrait se tenir ce mercredi avant une réunion du conseil de surveillance d'ici la fin du mois, selon la source.

Interrogé par Reuters, un porte-parole du groupe Bertelsmann, maison-mère de RTL Group qui détient en France la chaîne M6, a opposé un démenti aux spéculations sur une candidature de son dirigeant à la présidence du directoire de Vivendi.

"M. Rabe n'est pas disponible pour d'autres fonctions", a dit la source.

Même si une éventuelle candidature de Thomas Rabe n'était finalement plus sur la table, l'épisode a toutefois révélé au grand jour les interrogations qui existent au sein du groupe sur sa gouvernance alors que Jean-René Fourtou, âgé de 74 ans et dont le mandat court officiellement jusqu'en 2016, n'a pas indiqué publiquement quand il comptait passer les rênes.

"C'est une boîte de Pandore qui a été ouverte, rien ne pourra se faire sans régler d'abord le problème de gouvernance de Vivendi", a dit la source.

Avec Harro Ten Wolde, édité par Jean-Michel Bélot

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