Tension sur le réseau électrique en 2016

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La sécurité d'alimentation électrique n'est pas menacée à court terme en France, mais des tensions pourraient survenir dès 2016, notamment en cas d'arrêt de la centrale de Fessenheim.

À quelques jours de la conférence environnementale organisée par le gouvernement - qui doit ouvrir le débat sur la transition énergétique -, Réseau de transport d'électricité (RTE) publie le bilan prévisionnel de l'équilibre offre-demande d'électricité en France. L'opérateur en charge du réseau haute et très haute tension (plus de 100.000 kilomètres de lignes) livre à la fois un diagnostic à cinq ans et des scénarios prospectifs à long terme (15-20 ans). Premier enseignement: si la sécurité d'alimentation électrique n'est pas menacée à court terme, des tensions pourraient survenir dès 2016. «À cette échéance, la puissance manquante est estimée à 1,2 gigawatt (GW) et 2,1 GW en 2017 en tenant compte en particulier de l'hypothèse de fermeture des deux groupes de production nucléaire de Fessenheim», note RTE. L'arrêt de Fessenheim est l'un des engagements pris par François Hollande lors de la campagne présidentielle.

Interconnexions

Cette diminution de la part du nucléaire dans le «mix» énergétique français n'est pas la seule menace sur la sécurité d'alimentation. RTE rappelle également que l'année 2015 correspond à l'échéance de mise en conformité ou de déclassement des centrales thermiques les plus polluantes en France et en Europe. Dans l'Hexagone, cela concerne 3,6 GW pour le charbon et 4 GW pour le fioul. RTE se montre d'autant plus préoccupé que l'hiver 2011-2012, caractérisé par une longue vague de froid, s'est traduit par plusieurs pics de consommation d'électricité. Le «record» date du 8 février, avec une pointe à 101,7 GW. «La sensibilité singulière du système électrique français aux aléas de température montre que la France doit se prémunir des risques de défaillance en cas d'événement climatique extrême», prévient RTE.

Parmi les parades, figure au premier chef la mise en service de nouveaux moyens de production. À commencer par l'EPR de Flamanville (Manche), le réacteur nucléaire de nouvelle génération qui doit entrer en service en 2016. S'agissant des énergies renouvelables, RTE s'attend à un ralentissement dans l'éolien (11 GW en service prévus 2017), mais à une accélération dans le solaire (5,6 GW). Le réseau de transport insiste enfin sur la nécessité de renforcer les interconnexions électriques entre la France et ses voisins, tant ces infrastructures sont «déterminantes pour l'équilibre offre-demande». Cette possibilité d'accroître les échanges ne se fait pas sans obstacles. Dominique Maillard, le président du directoire de RTE, rappelle qu'il a fallu vingt-cinq ans avant de commencer à consolider la liaison franco-espagnole.

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  • agalich le jeudi 6 sept 2012 à 09:18

    quand mettra-t'on fin de façon énergique à cette absurdité française qu'est le chauffage à convecteur ? EDF avait poussé vers ce type de chauffage glouton à l'époque où les centrales nucléaires étaient en surproduction, il serait maintenant temps de se reposer quelques questions ...

  • paumont1 le jeudi 6 sept 2012 à 07:44

    pourquoi en 2016? bien avant probablement, si les gens qui se sont précipités pour acheter des chauffages d'appoints cet hiver les mettent tous en service l'hiver prochain, les risques sont déjà très élevés, et si un épisode de froid équivalent se produit avec par exemple un manque de vent...