Tension entre la Turquie et le régime syrien après un incident

le , mis à jour à 14:06
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 (Actualisé avec réaction Erdogan §7) 
    par Tulay Karadeniz et Laila Bassam 
    ANKARA, 26 octobre (Reuters) - La Turquie a annoncé mercredi 
qu'elle entendait poursuivre son offensive militaire dans le 
nord de la Syrie jusqu'à la prise de la ville d'Al-Bab en dépit 
des mises en garde adressées par le régime syrien et de 
l'attaque mardi contre des rebelles pro-turcs. 
    L'opération "Bouclier de l'Euphrate" entamée voilà deux mois 
vise à chasser les combattants du groupe Etat islamique de la 
région frontalière et à empêcher que ce repli profite aux 
miliciens kurdes des Unités de protection du peuple (YPG) 
qu'Ankara considère comme l'émanation du PKK, organisation 
qualifiée de terroriste. 
    A mesure que les troupes turques progressent en direction du 
Sud vers Al Bab, localité tenue par l'EI et située à environ 35 
km au nord d'Alep, elles se trouvent confrontées à une double 
opposition, celle des forces kurdes et celle des alliés d'Assad 
dont les lignes de front sont proches. 
    Le commandant en chef des troupes soutenant le régime syrien 
a lancé un avertissement à la Turquie affirmant que toute 
progression turque en direction de leurs positions au nord et à 
l'est d'Alep ferait l'objet d'une réponse "décisive et d'un 
recours à la force". 
    "Nous ne laisserons personne utiliser l'excuse de la lutte 
contre Daech pour avancer et s'installer près des lignes de 
défense des forces alliées", a-t-il dit lors d'une tournée 
d'inspection sur la ligne de front au nord d'Alep.  
    Ce commandant en chef, dont ni le nom, ni la nationalité 
n'ont été précisés, a ajouté qu'une avancée des troupes turques 
en direction d'Alep constituerait le franchissement d'une "ligne 
rouge". Les alliés de Damas sont le Hezbollah libanais, des 
milices irakiennes et des Gardiens de la révolution, 
organisation paramilitaire iranienne. 
     
    ANKARA CONTINUE LE COMBAT 
    Le président turc Recep Tayyip Erdogan a dû procéder à une 
clarification sur ses intentions en Syrie. "Menons un combat 
commun contre les organisations terroristes. Mais Alep 
appartient aux habitants d'Alep. Nous devons expliquer cela. 
Faire des calculs à propos d'Alep ne serait pas juste", a-t-il 
dit lors d'un discours prononcé à Ankara. 
    Cette mise en garde intervient au lendemain d'une attaque 
menée par un hélicoptère "considéré comme appartenant aux forces 
du régime" qui a largué mardi un baril d'explosifs sur une 
position de rebelles pro-turcs près du village d'Akhtarine situé 
à quelques kilomètres de Dabik, faisant deux morts et cinq 
blessés. 
    L'armée syrienne avait indiqué la semaine passée que la 
présence de troupes turques sur le sol syrien constituait "une 
dangereuse escalade et une violation flagrante de la 
souveraineté de la Syrie". 
    "Ce genre d'attaques n'arrêtera pas notre combat contre 
Daech", a affirmé le ministre turc des Affaires étrangères 
Mevlut Davutoglu. "Cette opération continuera jusqu'à Al Bab. 
Elle doit continuer et ce sera le cas", a-t-il ajouté devant la 
presse à Ankara. 
    L'incident survenu à Akhtarine est la première confrontation 
directe entre forces syriennes et troupes soutenues par la 
Turquie depuis le déclenchement de l'opération "Bouclier de 
l'Euphrate" il y a deux mois. 
     Cette opération vise à apporter un soutien en blindés et 
une couverture aérienne aux rebelles syriens turkmènes et arabes 
dans leur combat contre l'EI. Elle a également pour but 
d'empêcher une progression territoriale des miliciens kurdes des 
Unités de protection du peuple (YPG) qui pourraient profiter du 
recul des djihadistes. 
    Le président turc Recep Tayyip Erdogan a annoncé samedi que 
les troupes turques vont tenter de reprendre la ville d'Al Bab 
tenue par les djihadistes que convoitent également les Kurdes. 
 
 (Tulay Karadeniz à Ankara et Tom Perry à Beyrouth; Pierre 
Sérisier pour le service français) 
 
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  • M9425023 il y a un mois

    L'EI est un prétexte pour les Turcs comme les Syriens pour massacrer respectivement les K urdes et les opposants démocratiques à Assad. Et avec tout cela l'EI en profite, pour gagner du terrain en Syrie et commercer avec Erdogan. De qui se moque-t-on ?