Tension au Congo-Brazzaville à la veille de la présidentielle

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    BRAZZAVILLE, 19 mars (Reuters) - La tension a monté samedi 
au Congo-Brazzaville où le gouvernement a ordonné aux 
entreprises de téléphonie de suspendre leurs services pour des 
raisons de sécurité, à la veille de l'élection présidentielle 
pour laquelle le chef de l'Etat sortant, Denis Sassou-Nguesso, 
brigue un troisième mandat et fait figure de grand favori. 
    Plusieurs personnalités de l'opposition ont estimé samedi 
que la consigne donnée aux entreprises MTN Congo  MTNJ.J  et 
Airtel Congo  BRTI.NS  de suspendre les télécommunications 
perturberait le travail des observateurs du scrutin de dimanche. 
    "L'Etat veut qu'elles coupent les communications les 20 et 
21 mars pour des raisons touchant à la sécurité et à la 
tranquillité publique", a-t-on dit à Reuters de source 
gouvernementale. MTN n'a fait aucune déclaration à ce sujet. 
    Le principal rival de Sassou Nguesso à la présidentielle, le 
général en retraite Jean-Marie Mokoko, a dit avoir été convoqué 
samedi au siège de la Sécurité d'Etat dans le cadre d'une 
enquête, mais avoir pu en ressortir libre. 
    Il a déclaré aux journalistes à son domicile de Brazzaville 
qu'il s'agissait de sa sixième convocation en un mois pour être 
interrogé sur une vidéo de 2007 qui a refait surface récemment, 
dans laquelle il semble parler de préparatifs d'un coup d'Etat. 
    L'intéressé assure qu'il n'y a pas eu de sérieux complot de 
putsch et que la question a été résolue il y a des années.  
    "C'est un abus de pouvoir(...). Peut-être vont-ils 
maintenant m'emmener de force. Qu'ils le fassent", a dit Mokoko 
à propos de l'attitude des services de sécurité. 
    Denis Sassou-Nguesso aura ce dimanche huit adversaires en 
face de lui, dont cinq ont conclu un accord de retrait au second 
tour en faveur du premier arrivé, au cas où le président sortant 
serait mis en ballottage. 
    A 72 ans, Denis Sassou-Nguesso a dirigé le Congo de 1979 à 
1992, année où il a été battu à la présidentielle par Pascal 
Lissouba. Il est revenu au pouvoir cinq ans plus tard au terme 
d'une guerre civile et a remporté les scrutins présidentiels de 
2002 et de 2009. 
    Ses partisans, qui veulent le reconduire pour cinq ans à la 
tête de l'Etat, affirment que grâce à lui le Congo-Brazzaville a 
pu retrouver la stabilité et développer ses infrastructures. "Il 
nous a apporté la paix. S'il s'en va, qui va terminer le travail 
?", se demandent-ils. 
    Les adversaires du président sortant jugent pour leur part 
que la richesse pétrolière du pays n'a profité qu'à une petite 
élite. La moitié de la population totale du pays (4,5 millions 
d'habitants) vit dans la pauvreté. 
 
 (Aaron Ross; Eric Faye pour le service français) 
 

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