Tension à St. Louis après la mort d'un Noir tué par des policiers

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par Carey Gillam KANSAS CITY, 20 août (Reuters) - La tension est montée mercredi soir dans un quartier de St. Louis, dans le Missouri, à la suite de la mort d'un homme noir tué par des policiers. Ce nouveau décès survient dix jours après les manifestations qui ont marqué le premier anniversaire de la mort de Michael Brown, un adolescent afro-américain tué par un policier blanc à Ferguson, dans la banlieue de St. Louis. Le chef de la police de St. Louis, Sam Dotson, a expliqué que la fusillade s'était produite lorsque des officiers de police munis d'un mandat ont tenté de procéder à une arrestation dans un quartier dangereux de la ville. Deux hommes ont pris la fuite. Lorsque les policiers leur ont intimé l'ordre de s'arrêter, l'un des deux a pointé une arme dans leur direction. Les policiers ont répliqué en tirant à quatre reprises, le touchant mortellement. Des dizaines de personnes se sont alors rassemblées près du lieu de la fusillade pour dénoncer les brutalités policières. La chaîne de télévision FOX 2 a signalé que jusqu'à 200 manifestants ont brièvement bloqué la circulation à un carrefour situé à proximité. D'après le St. Louis Post-Dispatch, des unités d'intervention spéciale de la police (SWAT) ont été appelées en renfort. Trois personnes ont été interpellées et placées en garde à vue, a précisé la police locale. La victime, Mansur Ball-Bey, était âgé de 18 ans. Le second suspect a pris la fuite. Selon Sam Dotson, l'arme de Ball-Bey était volée. Les policiers ont par ailleurs découvert du crack sur les lieux de leur intervention. Les deux officiers impliqués sont des policiers blancs âgés de 29 et 33 ans qui travaillent depuis sept ans dans les forces de l'ordre. Ils ont été placés en congé administratif. Il y a un an, la mort de Michael Brown à Ferguson et la décision d'un grand jury de ne retenir aucune charge criminelle à l'encontre de Darren Wilson, le policier qui l'a tué, avaient déclenché une vague de manifestations parfois violentes dans de nombreuses villes des Etats-Unis. Elle a aussi suscité un vif débat aux Etats-Unis sur les violences policières à l'encontre des minorités et, au-delà, relancé la question raciale. D'autres bavures policières, dans des villes comme New York et Baltimore, ont conduit des organisations à dénoncer un "racisme institutionnalisé", différent des actes racistes isolés comme l'assassinat de neuf paroissiens dans une église afro-américaine de Charleston, en juin dernier en Caroline du Nord. (Pierre Sérisier et Henri-Pierre André pour le service français)

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