Tension à l'Assemblée pour le retour des questions

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PREMIÈRE SÉANCE TENDUE DES QUESTIONS D'ACTUALITÉ À L'ASSEMBLÉE
PREMIÈRE SÉANCE TENDUE DES QUESTIONS D'ACTUALITÉ À L'ASSEMBLÉE

par Emile Picy

PARIS (Reuters) - Jean-Marc Ayrault au micro, Claude Bartolone au "perchoir" et la droite sur les bancs de l'opposition ont inauguré mercredi dans un climat tendu leur nouveau rôle, lors de la première séance de questions d'actualité du quinquennat à l'Assemblée nationale.

Il n'y a pas eu de round d'observation : l'ancienne ministre UMP Catherine Vautrin a attaqué d'emblée le Premier ministre socialiste sur son projet de loi de finances rectificative, coupable selon elle d'augmenter le coût du travail.

Jean-Marc Ayrault, dont c'est le premier poste ministériel mais qui a été député 26 ans et était encore sur les bancs de l'opposition il y a quelques semaines, a répondu en appuyant où ça fait mal : la double défaite de la droite aux élections présidentielle et législative du printemps.

"Je suis très surpris de constater depuis quelques jours à quel point l'opposition est désemparée. Mais je le comprends, d'une certaine façon", a ironisé le chef du gouvernement. "Quand on a été sanctionné avec une telle sévérité, il est difficile de s'en remettre spontanément."

"Alors dans votre lutte pour le pouvoir, je veux dire pour le pouvoir à la tête de l'UMP, je vous souhaite bon courage", a-t-il ajouté, allusion à la rivalité entre son prédécesseur François Fillon et le secrétaire général de l'UMP Jean-François Copé pour la présidence du principal parti de droite.

Le Premier ministre, qui a répondu aux deux premières questions, a essentiellement fait le service après-vente de sa déclaration de politique générale et justifié les premières mesures du gouvernement, dont l'abrogation de la "TVA sociale" votée in extremis par la précédente majorité.

Il a assuré que le gouvernement n'avait "pas l'intention de se laisser décourager" par la multiplication des plans sociaux et chercherait des solutions "dossier après dossier".

"Mais ce dont nous héritons ne nous rend pas la tâche facile", a-t-il ajouté en se tournant vers les bancs de l'opposition, où siègent nombre d'anciens ministres des gouvernements précédents. "Nous sommes obligés de faire face à un budget sous-estimé, sous-financé, à une dette qui a augmenté de 600 milliards d'euros en cinq ans et qu'il nous faut réduire, à un déficit du commerce extérieur de 70 milliards d'euros."

BIZUTAGE

La première séance de questions d'une nouvelle législature est un test de la capacité de résistance des nouveaux ministres face à une opposition qui cherche à les déstabiliser et dont le président de l'Assemblée, Claude Bartolone, également novice à ce poste, a eu du mal à calmer les ardeurs.

L'UMP Daniel Fasquelle a ainsi ponctué les interventions du chef du gouvernement de tonitruants "blabla !".

Jean-Marc Ayrault a été longuement applaudi par la gauche à l'issue de sa première réponse. Les élus de la nouvelle majorité se sont levés à l'exception de ceux du Front de gauche.

Le ministre délégué à l'Agroalimentaire, Guillaume Garot, a eu plus de mal à affronter le brouhaha organisé par l'opposition en s'agrippant à son micro.

Le ministre délégué au Budget, Jérôme Cahuzac, considéré comme un des meilleurs orateurs de l'Assemblée lorsqu'il était député et président de la commission des Finances, a pour sa part lancé de nombreuses piques à l'opposition sous les applaudissements nourris de ses amis de la majorité.

Arnaud Montebourg (Redressement productif) par deux fois, Marylise Lebranchu (Réforme de l'Etat), Victorin Lurel (Outre-mer) ou bien encore Delphine Batho (Ecologie) ont aussi répondu aux interpellations de l'opposition.

Députés chevronnés, pour certains depuis plusieurs législatures et rompus aux joutes parlementaires, ils se sont cependant plutôt bien tirés de ce bizutage.

Les députés de la majorité ne se sont pas non plus privés de couvrir les propos d'élus de la nouvelle opposition.

L'ancien ministre UMP du Budget Eric Woerth a eu par moments bien du mal à se faire entendre. Des élus de gauche lui ont adressé des propos peu amènes faisant allusion à ses démêlés judiciaires.

La prochaine séance de questions au gouvernement est prévue le mardi 17 juillet. Trois autres suivront avant la fin de la session extraordinaire, le 31 juillet.

Avec Emmanuel Jarry, édité par Patrick Vignal

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