Tennis: un quart de siècle épanoui pour le Masters 1000 de Bercy

le
0

par Chrystel Boulet-Euchin

PARIS (Reuters) - Après un quart de siècle d'existence où il a connu des hauts et des bas, le Masters 1000 de Paris-Bercy semble désormais sur les bons rails.

Un temps boudé par les meilleurs joueurs du monde et, par voie de conséquence, par les spectateurs, le tournoi a retrouvé de sa superbe ses cinq dernières années grâce aux efforts de la Fédération française de tennis et du directeur de l'épreuve, Jean-François Caujolles, auprès des joueurs.

"Pour nous, le cap que nous avons passé est qualitatif. On a besoin d'un grand tournoi indoor et la rentabilité n'est pas l'élément essentiel", a expliqué à Reuters Gilbert Ysern, le directeur général de la Fédération française de tennis (FFT).

"On gagne peu d'argent mais ce tournoi nous apporte énormément en termes d'exposition, une présence sur la scène du tennis international avec un intérêt sportif majeur. A Paris, un tournoi ne peut pas ne pas être grand."

Pourtant, il y a cinq ans, l'épreuve était moribonde, désertée par les meilleurs joueurs et le public. Désormais les vedettes sont là -seul Rafael Nadal manquait à l'appel en début de tournoi- et les amateurs de tennis emplissent à nouveau les gradins.

"On a réussi à repositionner le tournoi en se retroussant les manches. On a redynamisé le tournoi. Pour cultiver sa diversité, le tennis a besoin d'un grand tournoi indoor et Bercy est le seul", a souligné Gilbert Ysern.

"HUMILITÉ, ÉCOUTE, COURAGE"

Cheville ouvrière avec son équipe de ce retour en grâce de l'épreuve, Jean-François Caujolle quitte ses fonctions de directeur après cinq ans, son contrat arrivant à terme, avec le sentiment du devoir accompli.

"La première chose pour réussir est de croire en le produit que l'on a et j'avais le sentiment que les gens qui dirigeaient le tournoi n'y croyaient pas. La première chose à faire était de faire revenir les joueurs, aller les voir et leur demander pourquoi ils ne venaient plus", a expliqué à Reuters Jean-François Caujolle.

"On ne les écoutait pas or, les joueurs sont les plus importants car ce sont eux qui font le spectacle. Pour y arriver, il fallait avoir de l'humilité, de l'écoute et du courage. Et je crois qu'on a réussi."

Au retour des joueurs s'est ajoutée la mise en place d'une double billetterie avec une session du soir qui a ouvert la voie à une baisse des prix des billets et des animations à l'adresse du public.

"Ma chance a été dès le début d'avoir carte blanche. J'ai pu faire passer mes idées", a ajouté Jean-François Caujolle.

Dans le même temps, les Masters qui réunissent fin novembre les huit meilleurs joueurs de l'année pour clore la saison ont quitté l'Asie et Shanghai pour s'installer à Londres, à une encablure de Paris.

"LES FONDATIONS SONT POSÉES"

De quoi lever les dernières réticences des principaux acteurs qui s'épargnent ainsi un long voyage et un décalage horaire peu propices à la performance.

"Aujourd'hui, les fondations sont posées, les joueurs et le public sont revenus, la scénarisation du tournoi est réussie et bientôt le POPB sera aux normes (sa rénovation complète est prévue pour débuter en 2014 pour s'achever en 2015-NDLR)", résume Jean-François Caujolle.

"Maintenant, il faut assurer l'autonomie financière du tournoi. D'un côté Roland-Garros, de l'autre Bercy. Il faut couper le cordon ombilical. On est dans une réflexion où il faut que le tournoi ait ses propres partenaires, ses propres relations publiques.

"Il faut que ce tournoi ne soit plus perfusé, qu'il ne soit plus le parent pauvre de Roland-Garros. Il faut se remuer les méninges et il y a des gens de qualité pour le faire."

Jean-François Caujolle estime également que le budget du tournoi de 10 millions d'euros -le plus faible des Masters 1000- doit passer à une quinzaine de millions d'euros d'ici trois à cinq ans et que le public peut être encore plus nombreux, notamment en début de semaine.

Reste désormais à Guy Forget, successeur de Jean-François Caujolle à la tête du tournoi, à poursuivre sur la lancée de ce qui a été engagé mais, prévient son prédécesseur, la phase à venir de pérennisation est "peut-être la plus difficile".

Edité par Henri-Pierre André

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant