Tennis: Novak Djokovic, du côté obscur de la force

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par Chrystel Boulet-Euchin

PARIS (Reuters) - Novak Djokovic a pénétré mercredi sur le central du Masters 1000 de Paris-Bercy portant -Halloween oblige- le masque de Dark Vador et, comme le héros malfaisant de la saga de "la Guerre des étoiles", il a fini par rejoindre le côté obscur de la force.

Le Serbe, qui retrouvera dès lundi le rang de numéro un mondial, est passé de la lumière à l'ombre lors du match de deuxième tour qui l'opposait à l'Américain Sam Querrey, perdu 0-6 7-6 6-4 en deux heures et une minute.

"J'ai joué un grand tennis au départ mais je savais que le problème principal serait d'avoir de l'énergie sur la durée. Malheureusement, cela n'a pas été le cas et j'ai tout de suite senti que physiquement, je baissais d'un ton", a expliqué Djokovic en conférence de presse.

"C'est dommage mais d'un autre côté, je vais avoir un peu de temps pour me reposer car j'ai connu une période difficile ces deux dernières semaines. Des choses sont arrivées et j'avais plein de choses à l'esprit (...) Maintenant, j'ai besoin de quelques jours de repos avant Londres."

S'il n'a pas voulu s'étendre sur la nature de ses préoccupations, les couloirs du POPB bruissaient ces derniers jours de rumeurs concernant l'état de santé du père de Novak Djokovic, qui serait hospitalisé à Belgrade, ainsi que sur une gastro-entérite du joueur qui l'aurait fatigué.

"Je ne veux pas en parler car cela n'excuse en rien ma défaite. Sam a très bien joué, il a très bien servi. Je n'ai pas besoin d'excuse", a-t-il dit.

Acculé par les questions des journalistes sur ces "choses" qui le préoccupent, il a plusieurs fois dû répéter que cela relevait de la sphère privée et qu'il ne dirait rien. C'est d'ailleurs sur une dernière question en ce sens qu'il a mis un terme au jeu des questions-réponses.

Auparavant, le Serbe avait également refusé d'exprimer le moindre regret de s'être engagé dans ce tournoi, sur lequel il aurait pu -comme d'autres- décider de faire l'impasse pour se consacrer au Masters.

PAS DE REGRETS

"Je ne regrette jamais rien dans la vie. J'avais plaisir à être ici mais comme je l'ai dit, je devais faire face à des choses un peu inhabituelles pour moi. Vous être toujours déçus quand vous perdez un match mais il y a Londres."

"C'est le dernier tournoi de l'année", a-t-il ajouté, comme soulagé.

Rien ne laissait présager une telle issue car, une fois le masque tombé, Djokovic a dans un premier temps endossé le costume d'Anakin Skywalker, vainqueur de la plus célèbre course de la galaxie "Star Wars".

En moins d'une demi-heure, il menait 6-0 2-0 et peu de monde aurait parié sur un retour dans la partie du grand serveur américain, 23e mondial. Mais Querrey n'avait pas dit son dernier mot et le mal a pris le pas sur le bien du côté de Djokovic, qui a doucement sombré.

L'Américain a refait son break de retard, puis tenu jusqu'au tie-break qu'il a remporté sans qu'il y ait le moindre doute sur son issue. Sur sa lancée, il a pris le service de Djokovic au cinquième jeu, écarté cinq balles d'égalisation à quatre partout avant de boucler la rencontre d'un service gagnant.

"C'est ma plus grande victoire. J'ai bien servi. A 6-0 2-0, je voulais juste gagner un jeu et quand je l'ai fait, j'ai pris un peu confiance", a dit Querrey sur le court.

Vainqueur de l'épreuve en 2009, seule année où il a vraiment brillé à Bercy, Novak Djokovic a donc mal célébré sa prise de pouvoir imminente en s'inclinant dès son premier match.

Pas sûr que cela le dissuade de revenir masqué l'an prochain à Bercy -comme il le fait chaque année- si d'aventure le tournoi a toujours lieu en novembre, une décision sur sa future place dans le calendrier devant être annoncée la semaine prochaine à Londres.

Chrystel Boulet-Euchin, édité par Olivier Guillemain

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