Tennis: Nicolas Mahut a vu changer le regard des autres

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par Eric Salliot

LONDRES (Reuters) - Vingt-quatre heures après son premier titre décroché à S'Hertogenbosch, le Français Nicolas Mahut a pu constater dimanche à Wimbledon que sa cote de sympathie était immense parmi les joueurs de tennis.

Le Français, encore 240e au classement ATP dimanche, a attendu d'avoir 31 ans pour soulever son premier trophée en simple après une victoire sur le Suisse Stanislas Wawrinka en finale aux Pays-Bas.

"Ce qui me frappe, ce sont les témoignages. Chaque fois que je croise quelqu'un, il me félicite. C'est sincère et ça me touche d'autant", a déclaré à Reuters Nicolas Mahut.

"L'ensemble des joueurs français m'a envoyé un petit texto de félicitations. Ce sont mes collègues, mes amis, ils pensent à moi alors qu'ils ont un Grand Chelem à préparer et ça me fait vraiment plaisir."

Même quelques-uns de ses plus redoutables adversaires lui ont témoigné leur sympathie, comme l'Américain John Isner contre lequel il a joué en 2010, à Wimbledon, le match le plus long de l'histoire.

"John Isner m'a également envoyé plusieurs messages et j'attends de le croiser. Ce n'est un secret pour personne: aujourd'hui, on est amis."

Après de nombreuses déceptions, la dernière en date en finale du double à Roland-Garros au début du mois, le Français a vécu le plus beau moment de sa carrière. Mais il n'a guère eu le temps de savourer.

"DES GROS MOMENTS DE DOUTE"

"Hier soir, c'était la course", a-t-il raconté. "J'ai fait ma conférence de presse avec mon sac, une douche rapide et on a pris une voiture pour attraper le dernier avion."

Une fois arrivé dans une maison louée à deux pas du All England Club, où cohabitent son staff et celui de Michaël Llodra, il s'est posé quelques minutes autour d'un verre de vin choisi par son partenaire de double.

Mais très vite, l'Angevin s'est projeté vers Wimbledon et un premier tour face au Tchèque Jan Hajek prévu lundi.

Il a quand même senti que le regard des autres n'était plus tout à fait le même.

"Ce qu'on retenait de moi, c'était certes des beaux matches, du beau jeu mais à chaque fois une défaite", dit-il.

"Cette fois, cela s'est inversé et ça fait une grosse différence. Je suis fier de n'avoir jamais lâché. Il y a des gros moments de doute après ma blessure (au genou) mais je me suis construit une équipe qui a cru en moi. Peut-être même plus que moi d'ailleurs."

Dans ce club privé où il passe tous les jours devant une plaque qui rappelle l'incroyable marathon de 11h05 face à John Isner, Nicolas Mahut veut rester sur son petit nuage.

"Le message de tout cela c'est que j'avais encore la flamme qui brûlait en moi. J'ai été un peu chanceux car sans la direction de Wimbledon, qui m'a accordé une wild-card, je n'aurais pas pu faire S'Hertogenbosch", dit-il.

"Parfois, il faut un petit coup du destin."

Edité par Simon Carraud

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