Tennis: Marion Bartoli n'avait pas préparé son coup

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LA RETRAITE DE MARION BARTOLI, UNE ANNONCE PAS PRÉMÉDITÉE MAIS IRRÉVOCABLE
LA RETRAITE DE MARION BARTOLI, UNE ANNONCE PAS PRÉMÉDITÉE MAIS IRRÉVOCABLE

PARIS (Reuters) - Marion Bartoli a surpris le monde du tennis, jusqu'aux personnes les plus proches, en annonçant sa retraite mercredi et assurait quelques heures plus tard n'avoir rien prémédité.

A 28 ans et six semaines après avoir triomphé à Wimbledon, la numéro un française a jeté l'éponge, expliquant être arrivée au bout physiquement alors qu'elle avait encore des ambitions, de l'appétit pour le jeu et la compétition.

Elle a pourtant senti à l'issue de sa défaite contre Simona Halep au deuxième tour du tournoi de Cincinnati que l'heure était venue.

"Je ne l'avais pas du tout envisagé avant le match. Dire 'si je perds je prends ma retraite', non, on ne prend pas des décisions comme ça", a expliqué Bartoli lors d'une conférence de presse téléphonique. "C'est des moments qu'on sent. On le ressent."

"Ça m'a paru limpide à la fin du match. Mon mental, ma tête était toujours présente, il y avait de l'envie, plein d'objectifs mais mon corps ne peut plus", a-t-elle ajouté, reprenant les arguments énoncés la veille aux Etats-Unis.

"Ca fait plus de treize ans que je suis sur le circuit, depuis le début d'année j'ai connu beaucoup de blessures, de craquages un peu partout -au pied, à la cheville, à l'épaule."

"J'ai l'impression d'avoir tout donné pour gagner Wimbledon et d'être allée au bout de mes limites. Mon corps ne peut plus assumer l'intensité qui m'est demandée."

"EN PAIX AVEC MOI-MÊME"

Sa décision a étonné tout le monde, du président de la Fédération Jean Gachassin à la capitaine de Fed Cup Amélie Mauresmo, en passant par beaucoup de joueuses et joueurs du circuit. Certains l'ont même appelée à revenir.

Mais la Française, qui a toujours été une personnalité à part dans le monde du tennis, longtemps à l'écart de l'équipe de France parce qu'elle formait avec son père et entraîneur Walter un duo exclusif, était résolue et apaisée.

"Je suis en paix avec moi-même, je vais très bien moralement", a-t-elle assuré, comme pour chasser l'hypothèse d'une décision irréfléchie, guidée par une déprime ou prise sur un coup de tête.

Comme souvent depuis le début de sa carrière -et même s'ils avaient cessé de travailler ensemble ces derniers mois- son père a été le plus compréhensif, celui qui ne lui a pas posé la question d'un retour, a-t-elle souligné.

"Il a parfaitement compris. Il me soutient, c'est la personne la mieux placée pour savoir tous les sacrifices que j'ai faits, ce que mon corps a enduré toutes ses années", a-t-elle dit.

"Il est très fier de moi et à aucun instant il a essayé de me convaincre de continuer. Il est à 100% avec moi et attend ma nouvelle vie. Il est déjà extrêmement fier que je sois allée au bout de mes limites pour gagner ce Wimbledon."

Ce sacre sur le gazon londonien, dans le cadre le plus prestigieux du circuit, restera comme l'image forte de la carrière de Marion Bartoli, qui l'a de nouveau décrit comme "le plus grand bonheur du monde".

Et puisque ce rêve a été atteint, puisqu'elle répète inlassablement être allée aussi loin qu'elle le pouvait -et exclu toute lassitude mentale- non, elle ne reviendra pas, assure-t-elle.

"Je suis pas une personne qui change d'avis. Je suis toujours entière dans mes décisions et je ne changerai pas d'avis", a-t-elle martelé.

Elle changera en revanche de vie, mais ne sait pas encore précisément de quoi celle-ci sera faite.

"J'ai arrêté hier donc je sais pas encore", dit-elle.

Elle évoque pêle-mêle son intérêt pour l'art -elle peint-, qu'elle aura le temps de satisfaire, peut-être des propositions des médias, d'autres choses. Et en attendant, elle va rester près des courts. Elle sera à la fin du mois à l'US Open, en simple supportrice.

Gregory Blachier, édité par Olivier Guillemain

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