Tennis: la rivalité avec Nadal et Federer stimule Djokovic

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NADAL ET FEDERER STIMULENT DJOKOVIC
NADAL ET FEDERER STIMULENT DJOKOVIC

par Pritha Sarkar

LONDRES (Reuters) - Le Serbe Novak Djokovic, premier au classement ATP des meilleurs joueurs de tennis du monde, visera à partir de lundi un deuxième titre sur le gazon de Wimbledon, le Grand Chelem londonien.

Avant de s'expliquer avec Rafael Nadal, Roger Federer ou Andy Murray, il s'est réfugié dans une salle du sous-sol du All England Club pour se livrer à un échange à bâtons rompus avec Reuters.

Il estime notamment que le fait de vivre à la même époque que Roger Federer et Rafael Nadal, deux des meilleurs joueurs de l'histoire, est loin d'être une malédiction. Au contraire, cette rivalité le stimule.

Reuters: C'est la neuvième fois que vous apparaissez dans le tableau principal de Wimbledon. Quels sont vos souvenirs de votre tout premier match ici?

Djokovic: Il me semble que j'ai disputé les qualifications à Roehampton en 2005. Je me souviens que j'ai joué le dernier tour de qualification en cinq sets contre Wesley Moodie.

C'était un match très difficile mais je me souviens avoir réussi à entrer dans le tableau de Wimbledon pour la première fois. J'ai gagné contre (Juan) Monaco, et au deuxième tour j'ai battu (Guillermo) Garcia-Lopez après avoir remonté deux sets et sauvé trois balles de match. Puis j'ai perdu contre (Sébastien) Grosjean en quatre manches.

J'ai alors intégré le top 100 pour la première fois donc je me souviens très bien de ce tournoi.

J'ai dû jouer mon premier match sur le court 17. Je ne sais pas combien de personnes m'ont vu, mais ce n'est pas vraiment un grand court.

Reuters: Estimez-vous avoir de la chance ou de la malchance de faire carrière en même temps que Roger Federer, Rafael Nadal et Andy Murray ? Car à n'importe quelle autre époque, vous auriez peut-être déjà fait un Grand Chelem sur une année...

D: C'est une perte de temps de se demander "et si..?" D'un côté, on pourrait se dire que j'aurais peut-être fait le Grand Chelem dans une année civile ou peut-être que j'aurais gagné cinq Majeurs de plus s'il n'y avait pas Federer ou Nadal.

Mais de l'autre côté, je ne sais pas si j'en serais où j'en suis aujourd'hui parce que, avec mes deux principaux rivaux, il y a une telle adversité, des matches si incroyables que ça m'a obligé à améliorer encore mon jeu.

Cette rivalité me fait aussi progresser, elle me fait prendre conscience de ce que je dois améliorer sur et en dehors des courts.

Reuters: Le tennis est devenu extrêmement physique. Êtes-vous inquiets des dégâts à long terme sur votre corps ?

D: Tous les sportifs professionnels ressentent souvent des douleurs, s'inquiètent et se posent cette question: "qu'est-ce qu'il adviendra de mon corps une fois que leur carrière sera finie?" Mais je fais tout mon possible avec mon équipe pour rester en bonne santé, pour prendre soin de mon bien-être.

Il ne s'agit pas que de mon corps, mais aussi de ce que je mange, de ce que je bois, de mon hygiène de vie. Et j'essaie de diminuer le stress autant que possible. Le stress est l'un des pires ennemis du genre humain parce qu'il est à l'origine de nombreuses maladies.

Mais je me vois continuer le sport parce que, dès lors que vous êtes professionnel, votre corps a pris l'habitude de faire de l'exercice.

Reuters: Si vous pouviez retourner dans le passé et affronter un ancien joueur...?

D: Ce serait Pete Sampras, parce que c'était mon idole et que je le regardais quand j'étais petit. Je ne l'ai jamais affronté et j'aimerais probablement que ce soit ici, à Wimbledon.

Reuters: Croyez-vous que vous seriez à la hauteur ?

D: Il serait certainement favori parce qu'il a très souvent gagné ce tournoi (ndlr, sept fois). Mais j'aimerais jouer contre lui dans tous les tournois du Grand Chelem, ce serait beau à voir.

Reuters: Récemment, le sport a été secoué par de nombreuses affaires sombres, comme les aveux de dopage de Lance Armstrong, les matches truqués dans le football, ou le procès Fuentes en Espagne. Ces scandales ne touchent-ils que les sports en questions ou tous les sports, indistinctement ?

D: Les médias ont une telle influence aujourd'hui que n'importe quelle affaire qui fait la une a une portée mondiale.

Dans le tennis, nous ne voulons rien faire d'illégal, nous ne voulons pas que des joueurs parient, nous ne voulons pas que des joueurs soient contrôlés positif. Comparé à d'autres sports, le tennis se porte très bien, en particulier le tennis masculin.

Il y a une grande rivalité et nous vivons une époque formidable avec des champions fantastiques qui sont autant de superbes promoteurs et ambassadeurs de notre sport.

Nous avons tous la responsabilité de conserver cette image propre. Bien sûr, on ne peut jamais savoir ce que feront d'autres joueurs mais nous sommes pleinement conscients de notre responsabilité.

Reuters: Durant la finale de Roland-Garros entre Rafael Nadal et David Ferrer, un manifestant a sauté sur le court un fumigène à la main. Pensez-vous que la sécurité des joueurs soit suffisamment assurée ?

D: Ça n'arrive pas si souvent, c'est arrivé une fois. De nos jours, la sécurité est très stricte donc je n'imagine pas que quelque chose de vraiment grave puisse arriver à un joueur.

Ce qui s'est passé à Roland-Garros est peut-être dû à une faille de la sécurité sur le court mais en règle générale, au niveau mondial, ça va très bien et les joueurs se sentent en sécurité. Je me sens en sécurité.

Honnêtement, si vous commencez à imaginer que quelqu'un ou quelque chose pourrait mettre votre vie en danger, vous devenez paranoïaque.

Reuters: Depuis que vous avez adopté un régime sans gluten, qu'est-ce qui vous manque ?

D: (rires) Certains aliments serbes me manquent. Par exemple, il y a ce qu'on appelle le "plasma", c'est une sorte de biscuit qui contient du gluten avec lequel j'ai grandi. Ça me manque énormément. Mais vous savez, c'est pour mon bien et j'en suis conscient.

Simon Carraud pour le service français, édité par Henri-Pierre André

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