Tennis: la France risque d'attendre encore, dit Richard Gasquet

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GASQUET MISE SUR LA GÉNÉRATION FRANÇAISE ACTUELLE POUR GAGNER UN TOURNOI DU GRAND CHELEM
GASQUET MISE SUR LA GÉNÉRATION FRANÇAISE ACTUELLE POUR GAGNER UN TOURNOI DU GRAND CHELEM

par Gregory Blachier

MONTE-CARLO (Reuters) - La France risque d'attendre encore pendant de très longues années une victoire en Grand Chelem si elle ne lui est pas offerte par un joueur de la génération actuelle, estime le numéro deux tricolore, Richard Gasquet.

Neuvième au classement ATP, le Biterrois juge, dans une interview à Reuters, que le tennis français aura ensuite du mal à trouver un successeur à Yannick Noah, dernier vainqueur français d'un tournoi majeur il y a trente ans, à Roland-Garros.

"Je pense que si on ne le gagne pas dans les deux, trois ans, avec Jo (Jo-Wilfried Tsonga, ndlr) et tout ça, il va falloir attendre beaucoup plus que trente ans", dit Gasquet à Monte-Carlo, où il va lancer sa saison sur terre battue.

"Jo n'était pas loin l'an passé", ajoute-t-il en évoquant la défaite du numéro un français Jo-Wilfried Tsonga en quarts de finale de Roland-Garros contre Novak Djokovic après avoir laissé passer des balles de match.

"Gaël (Monfils) aussi, il a fait demie (à Roland-Garros en 2008). Si ça ne gagne pas là, il y en a pour au moins dix ans encore. Il y a quand même une belle génération."

Richard Gasquet illustre bien les difficultés des Français en Grand Chelem : sur les huit derniers majeurs, il a atteint sept fois les huitièmes de finale, sans jamais les franchir.

Il n'y est parvenu qu'une fois, à Wimbledon 2007, où il était tombé en demi-finale contre Roger Federer, alors qu'il suivait la pente ascendante que son talent promettait - en juillet, il allait atteindre le septième rang mondial.

Sa carrière a ensuite connu beaucoup de soubresauts mais Richard Gasquet est aujourd'hui de retour à son meilleur niveau. Il réalise "un beau début de saison" et même un peu plus.

"Oui, c'est mon meilleur début de saison, ça c'est clair", dit le Biterrois, titré à Doha et Montpellier et demi-finaliste au Masters 1000 de Miami, où il n'a cédé que face au n°2 mondial Andy Murray.

"J'ai de gros objectifs", prévient-il.

"UNE DEMIE, J'EN SUIS CAPABLE"

"J'ai envie de rejouer un Masters, de finir (l'année) dans les dix premiers à nouveau, d'aller plus loin en Grand Chelem. A Roland-Garros, j'ai fait deux huitièmes dernièrement. Faire un quart, une demie, je sais que j'en suis capable."

Et gagner ? Pour lui comme pour tout le monde, Français ou pas d'ailleurs, il y a toujours un obstacle de taille sur l'ocre parisienne : "Il reste toujours (Rafael) Nadal à battre derrière, c'est dur."

A Monte-Carlo, où il débutera contre son compatriote Benoît Paire au deuxième tour, Gasquet nourrit aussi de grandes ambitions même s'il se remet d'une blessure à la cheville qui l'a privé du quart de finale perdu contre l'Argentine.

"Je crois que la cheville va mieux. On n'a pas eu beaucoup d'entraînement, ça fait deux, trois jours que je m'entraîne sur la surface. On n'a pas beaucoup tapé", prévient celui qui est rentré seulement mardi en France.

"Mais je pense que je peux faire un gros tournoi. Tout est possible ici", ajoute-t-il.

"C'est ici que j'ai gagné mon premier match du circuit, en 2002. J'ai fait des gros matches ici, j'ai de grands souvenirs", ajoute l'un des trois seuls joueurs à avoir pris un set à Rafael Nadal, lauréat depuis huit ans sans discontinuer.

"J'ai toujours pas mal joué ici, j'ai fait une demie (en 2005), deux quarts..., ce n'est pas des mauvais résultats. C'est un des plus beaux tournois, c'est mieux de jouer ici qu'à Miami ou en Australie. Je me régale chaque année."

Après Monte-Carlo, où il a beaucoup à gagner en termes de points puisqu'il était absent l'an dernier sur blessure, Gasquet enchaînera Barcelone, et les Masters 1000 de Madrid et Rome.

Autant de tournois où il a une belle carte à jouer, lui qui a souvent bien réussi sur terre battue, avec deux titres et cinq finales.

"Je m'acclimate assez bien. J'aime bien la surface même si toutes les surfaces me vont bien", dit Gasquet qui, à bientôt 27 ans, sait qu'il doit encore progresser sur beaucoup de plans pour se rapprocher des meilleurs.

"Je dois prendre plus de risques, dicter l'échange. Je sais qu'il faut que j'avance", dit-il.

Edité par Simon Carraud

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