Tennis: Jerzy Janowicz parti pour durer ?

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JERZY JANOWICZ PARTI POUR DURER ?
JERZY JANOWICZ PARTI POUR DURER ?

par Chrystel Boulet-Euchin

PARIS (Reuters) - Jerzy Janowicz vient de signer, en atteignant la finale du Masters 1000 de Bercy, la plus belle performance de sa carrière, une prouesse qui ne devrait pas rester sans lendemain si le jeune Polonais conserve ce jeu mais aussi cet état d'esprit qui en ont conquis plus d'un.

A 21 ans, il a certes buté sur la dernière marche en s'inclinant devant David Ferrer, monstre de régularité classé cinquième mondial, mais l'avenir s'annonce prometteur comme il le fut pour d'autres avant lui.

Le directeur du tournoi, Guy Forget, ne disait pas autre chose avant l'ultime rencontre de la semaine.

"La première fois que (Gustavo) Kuerten est arrivé en finale à Roland-Garros, il avait sa chemise jaune et bleu, son bandeau, sa tête ébouriffée, il faisait des techniques particulières, tout le monde se disait : 'C'est quoi ce Brésilien ?'", a raconté l'ancien joueur.

Ce Brésilien a finalement soulevé au total trois trophées Porte d'Auteuil, remporté 20 tournois et fut numéro un mondial.

"Il y a eu, tout au long de l'histoire, des choses étonnantes. Janowicz m'a bluffé. Après avoir gagné son deuxième tour, quelqu'un m'a demandé ce que j'en pensais. Je ne l'avais même pas vu jouer, je ne savais pas même pas quelle tête il avait. Puis, je l'ai vu jouer, ce garçon a été bluffant du début à la fin", a ajouté Forget.

"LE JEU POUR ENTRER DANS LE TOP 10"

Que peut-on souhaiter de mieux au joueur de 21 ans, qui fera lundi son entrée dans le top 30, que de continuer à faire souffler un vent de fraîcheur sur le circuit ?

En habitué, David Ferrer, lui, préfère rester prudent.

"Un joueur qui arrive en finale d'un Masters 1000 a forcément un bel avenir, non ? Je pense qu'il a le jeu pour entrer dans le top 10 mais, en tennis, on ne sait jamais", a rappelé l'Espagnol.

Il a - faute d'argent - mangé son pain noir, soutenu en tout temps par ses parents qui ont même vendu magasin et appartement pour le soutenir. L'an passé, il avait dû renoncer à la tournée australienne faute de moyens et de sponsors.

Les partenaires devraient maintenant se bousculer à sa porte comme les télévisions qui font le siège à Lodz, sa ville d'origine où il vit toujours.

"La rue est bloquée", disait-il samedi en riant, après avoir décroché son billet pour la finale, lui qui n'avait jamais fait mieux qu'un quart sur le circuit, le mois dernier à Moscou.

"Je pense que je vais réussir à trouver quelques sponsors importants maintenant", a ajouté ce grand bonhomme de 203 centimètres qui a pleuré sur le court après chacune de ses trois dernières victoires mais qui a su masquer sa déception après avoir été battu par Ferrer.

Le pain blanc a fini par être livré à Paris et, sûr qu'en 2013, il sera de la tournée aux antipodes et qu'il tentera de briller lors de l'Open d'Australie, première levée du Grand Chelem de la saison, où il bénéficiera du rang de tête de série.

Edité par Olivier Guillemain

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