Tennis: Isabelle Demongeot retrouve son milieu naturel

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par Eric Salliot

MARCQ-EN-BAROEUL, Nord (Reuters) - Isabelle Demongeot, après avoir enduré l'épreuve du procès de Régis de Camaret, condamné à huit ans de prison pour viols et tentatives de viol, a goûté aux retrouvailles avec le monde du tennis, lors de la finale du championnat de France par équipes.

En survêtement blanc du club du Lagardère Paris Racing, où elle oeuvre depuis trois mois, l'ancienne joueuse a participé à la farandole de "ses" filles, victorieuses 6-0 de l'ASPTT Metz ce week-end sur les courts de Marcq-en-Baroeul (Nord).

"Je manage le Pôle compétition du Lagardère Paris Racing depuis le 3 septembre. Cette proposition est tombée du ciel fin juin. Je ne l'attendais pas du tout, même si ma voyante me l'avait affirmé !", a-t-elle raconté à Reuters.

Le week-end a ressemblé à un bain de jouvence.

La numéro un de l'équipe, Kristina Mladenovic, 85e joueuse mondiale, l'a taquinée en lui ordonnant de disputer les doubles sans enjeu, car à l'échauffement Isabelle Demongeot avait montré de beaux restes. Elle a répondu en esquissant un sourire.

A 46 ans, Isabelle Demongeot, qui gérait un petit club à Saint-Tropez, est décidée à s'investir sans compter dans ce défi parisien.

"Bon, il me manquera le soleil mais ça me rapproche des grands clubs français, de la Fédération aussi. Ce que j'ai vu à Marcq-en-Baroeul est symbolique à mes yeux. C'est important de vivre des choses en équipe. Ce sont de beaux messages qu'on passe à nos plus jeunes", souligne-t-elle.

"PRENDRE SON PROJET EN MAIN"

Malgré ce nouvel environnement, Isabelle Demongeot n'a pas totalement évacué le procès de son ancien entraîneur.

Sans jamais nommer Régis de Camaret, condamné le 23 novembre par la cour d'assises de Lyon - il a fait appel du verdict - elle évoque son soulagement.

"Au moment où le verdict tombe, je n'ai pas vu sa réaction. On se tombait dans les bras", se souvient-elle.

"Ce n'est que plus tard que j'ai eu l'image dont je rêvais. En sortant du Palais, on marchait sur les rues pavées lorsqu'on entend un policier crier 'Circulez, circulez !'. Je me retourne et je le vois, recouvert par une couverture, pénétrer dans le fourgon qui l'emmenait en prison."

Elle constate que beaucoup de portes se sont ouvertes avec ce combat médiatisé. Et cela tombe bien car, en ancienne championne - elle a gagné dix titres, dont neuf en double - elle fourmille d'idées pour aider le tennis féminin français à retrouver un lustre envolé.

"Il faut peut-être qu'on évolue sur l'état d'esprit. Ce n'est pas l'entraîneur qui fait la joueuse, c'est la joueuse qui fait l'entraîneur", observe-t-elle.

"Je souhaite qu'il y ait de vraies ouvertures entre les différentes structures. Amélie Mauresmo est allée dans ce sens en allant chercher un entraîneur espagnol en Fed Cup (Gabriel Urpi-NDLR)."

"Dans le tennis, il n'y a pas de règle. Amenons la joueuse à prendre son projet en main. La solution est au plus profond de soi. A mon époque, Yannick Noah était celui qui se levait plus tôt, qui allait chercher le seau de balles de plus. Il avait plus faim que les autres."

Edité par Gregory Blachier et Gilles Trequesser

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