Tennis: ces Français qui marchent à l'ombre

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DANS L?OMBRE, NICOLAS MAHUT, VIRGINIE RAZZANO ET ARAVANE REZAÏ TENTENT DE REMONTER LA PENTE
DANS L?OMBRE, NICOLAS MAHUT, VIRGINIE RAZZANO ET ARAVANE REZAÏ TENTENT DE REMONTER LA PENTE

par Eric Salliot

PARIS (Reuters) - Pendant que les regards sont braqués sur le tournoi de Miami et son opulence, Nicolas Mahut, Virginie Razzano et Aravane Rezaï, jadis sous le feu des projecteurs, sont à un carrefour de leur carrière.

Loin des fastes du circuit principal, c'est dans l'ombre de petits tournois que les trois Français tentent de remonter la pente.

Handicapé par une blessure au genou, Nicolas Mahut, 158e mondial, a trouvé le courage d'aller disputer un tournoi Future -l'équivalent de la troisième division- à Poitiers il y a quinze jours.

"Il y avait un côté nostalgique à me rendre là-bas car c'est un tournoi que j'avais gagné il y a dix ans et j'ai fait mes classes au Creps (de Poitiers)", a-t-il dit à Reuters.

"Mais c'était surtout un vrai test et ça m'a montré que j'avais encore envie."

Car, malgré un échec en demi-finale face à con compatriote David Guez, il a surmonté des conditions inhabituelles pour un joueur professionnel.

"On jouait avec quatre balles, pas de ramasseurs et deux juges de ligne. Au niveau du rythme, c'est compliqué. Quand tu sers dans le filet, il faut que tu ailles chercher ta balle. Et puis, mon premier tour, je l'ai achevé à 22h30 devant dix personnes", raconte celui qui fut 40e à l'ATP en février 2008.

"PLUS GRAND DÉFI DE MA CARRIÈRE"

"Mais j'ai eu les ressources pour m'arracher. En 2010, j'étais 220e, j'étais revenu en faisant des choses pas très drôles. Je sais que je me reconstruis dans la difficulté. Maintenant, l'incertitude, c'est que j'ai 31 ans. C'est à prendre en considération. Dans mon esprit, c'est le plus grand défi de ma carrière", a-t-il ajouté.

Avec un gain de 595 euros et dix misérables points ATP, Nicolas Mahut a conscience de l'opération blanche.

"J'avais fait venir mon kiné et j'ai clairement perdu de l'argent", avoue-t-il.

Avant de participer la semaine prochaine au Challenger de Saint-Brieuc, il fait un crochet ce week-end par Argenton-sur-Creuse, où se tient un CNGT (Circuit National des Grands Tournois), connu pour assurer le minimum vital aux principales têtes d'affiche.

"Il faut savoir ravaler sa fierté", juge-t-il. Une remarque d'autant plus pertinente qu'il y a un an, il était sparring partner en équipe de France de Coupe Davis, qui disputera sans lui du 5 au 7 avril un quart de finale en Argentine.

Sur le circuit féminin, Virginie Razzano et Aravane Rezaï traversent des difficultés similaires.

RAZZANO ET REZAÏ EN SOUFFRANCE

Retenue en équipe de France de Fed Cup en février à Limoges, la Nîmoise, 29 ans, a tant chuté au classement (195e) qu'elle a choisi de disputer début mars un tournoi doté de 10.000 dollars à Amiens. Elle a survolé l'épreuve picarde mais dans l'affaire elle n'a récolté que 12 points WTA et un chèque de 1.568 euros.

Forte de ces cinq succès, Virginie Razzano s'est envolée pour la Floride afin de disputer deux épreuves secondaires. Elle y a récolté une blessure et ses rêves de remonter la pente sont d'autant reportés.

Aravane Rezaï, 26 ans, se trouve dans la même spirale infernale. Quinzième mondiale en octobre 2010, la Française a connu une grosse crise familiale à l'Open d'Australie 2011 dont elle peine toujours à se relever.

Tombée au 178e rang mondial, elle ne manque pas de cran. Mais la reconstruction tant physique que psychologique est délicate.

"Mon année 2011 a alors été vraiment catastrophique: dépression, prise de poids, entre 10 et 15 kg, dont je paie encore aujourd'hui les conséquences par des problèmes de santé", avait-elle déclaré l'hiver dernier.

Et les résultats font défaut. Cette semaine, elle s'est inclinée au deuxième tour du tout nouveau tournoi de Croissy-Beaubourg (Seine-et-Marne) face à Julie Coin. La remontée au classement s'annonce longue.

Une percée dans un tournoi peut servir de déclic. A condition de rentrer dans les tableaux.

"Il y a les wild cards (invitations) mais elles ne sont pas un dû. Mais je vais faire une demande pour Wimbledon", dit Nicolas Mahut qui entretient une relation particulière avec la troisième levée du Grand Chelem.

Après son marathon-record de 11h05 face à l'Américain John Isner en 2010, l'Angevin appartient désormais à l'histoire du tournoi et il espère que les organisateurs du tournoi londonien auront de la mémoire.

Edité par Chrystel Boulet-Euchin et Julien Prétot

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