Télévision-La volte-face du CSA sur LCI suscite la polémique

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    * M6 et NextRadioTV annoncent des recours contre la décision 
    * Le CSA a cédé aux pressions, accuse le propriétaire de BFM 
TV 
    * Les téléspectateurs ne veulent plus payer pour l'info-CSA 
 
    par Gwénaëlle Barzic 
    PARIS, 18 décembre (Reuters) - Le Conseil supérieur de 
l'Audiovisuel s'est défendu vendredi d'avoir cédé aux pressions 
après la polémique suscitée par sa décision d'autoriser le 
passage en gratuit de la chaîne d'information en continu LCI, 
propriété de TF1  TFFP.PA . 
    Le CSA a fait volte-face après s'être opposé à deux 
reprises, dont la dernière fois en juillet 2014, à la requête de 
LCI au motif qu'elle risquait de mettre en péril l'équilibre 
économique d'un créneau de l'information déjà occupé par BFM TV 
(groupe NextRadioTV  NXTV.PA ) et iTélé (Canal+, groupe Vivendi 
 VIV.PA ).  ID:nL8N1464J6   
    Dans un communiqué diffusé jeudi, le gendarme de 
l'audiovisuel a expliqué que la chaîne n'avait plus d'avenir si 
elle restait payante, ajoutant que son arrivée sur la TNT 
gratuite contribuerait "au pluralisme et à l'intérêt du public". 
    La décision du régulateur, qui a dans le même temps rejeté 
des requêtes similaires de Paris Première (M6  MMTP.PA ) et 
Planète+ (Canal+), a provoqué une levée de boucliers chez les 
concurrents de LCI. 
    "La décision du CSA est assez incompréhensible. Les seules 
raisons qui puissent justifier ce choix, ce sont des pressions 
politiques", a estimé sur RTL le PDG de NextRadioTV Alain Weill. 
    "En fait, on préfère qu'il y ait beaucoup de chaînes 
d'information pour ne pas qu'il y ait de tête qui dépasse", a 
ajouté le dirigeant qui prévoit d'attaquer la décision du CSA 
devant le Conseil d'Etat. 
    Le président du directoire de M6 Nicolas de Tavernost, qui 
prévoit également de contester le choix du CSA, s'est lui aussi 
dit surpris. 
    "Le CSA fout le bazar dans la télévision d'information. Je 
connais bien l'Europe, on est le seul pays à autoriser autant de 
chaînes d'information gratuites sur la TNT", a-t-il estimé sur 
la même radio. 
     
    UN CRÉNEAU ENCOMBRÉ 
    Les interrogations sont d'autant plus pressantes que le 
paysage de l'information en continu risque l'encombrement avec 
le projet de chaîne publique pour l'automne 2016 et ce à 
quelques mois de la prochaine élection présidentielle. 
    Si BFM TV gagne de l'argent, iTélé, qui est en passe 
d'afficher cette année sa meilleure performance avec 1% de part 
d'audience, devrait perdre plusieurs millions d'euros.     
    Les deux chaînes sont toutefois considérées comme moins 
vulnérables, NextRadioTV devant s'allier avec le géant des 
médias et des télécoms Altice  ATCA.AS  du milliardaire Patrick 
Drahi tandis que Vincent Bolloré, le président du conseil de 
surveillance de Vivendi, a promis de consacrer deux milliards 
d'euros à la relance de Canal+.  ID:nL8N1381TC  
    LCI s'est en outre engagée à proposer une information 
différente de ses concurrents en donnant davantage de place aux 
magazines tout en montrant patte blanche en excluant des offres 
publicitaires couplées ou des promotions croisées avec TF1. 
    Le président du CSA, a pour sa part, justifié la décision de 
l'autorité de régulation, en se défendant d'avoir cédé à des 
pressions. 
    "Il y a un énorme besoin d'information diversifiée, 
pluraliste et je crois aussi que l'information est par nature le 
domaine de la TNT gratuite. Payer l'information aujourd'hui, ce 
n'est plus une habitude que les téléspectateurs acceptent", a 
expliqué Olivier Schrameck sur Europe 1.  
    "En 2014, on nous a dit : vous cédez à des pressions. En 
2015, nous prenons la décision inverse, on nous dit : vous cédez 
à des pressions", a-t-il ajouté.      
    La tâche s'annonce cependant ardue pour LCI qui part d'une 
audience réduite et avec une numérotation qui la met à l'écart 
de ses concurrentes, installées sur les créneaux 15 et 16.  
    L'action de sa maison-mère TF1 est pénalisée en Bourse 
vendredi, les investisseurs s'interrogeant sur la rentabilité de 
LCI, déficitaire à hauteur de 8,5 millions en 2014, dans un 
contexte de marché publicitaire tendu.  ID:nL8N1471IW  
 
 (Edité par) 
 

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